Pagina:Cristoforo Colombo- storia della sua vita e dei suoi viaggi - Volume II (1857).djvu/483

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charpentes fut saisie par l’ouragan, fracassée, ouverte aux flancs, dépecée, puis engloutie dans l’abyme: de tout ce qu’elle portait, hommes et trésors, rien ne reparut: vingtsix caravelles chargées d’or, dépouilles des malheureux Indiens, furent brisées et ensevelies dans les gouffres des vagues; d’autres, emportées dans les sillons écumeux de l’Océan, furent entraînées sous des parallèles inconnus, et sombrèrent plus loin, après avoir ressenti plus long-temps les angoisses du désespoir. De toute cette superbe flotte il ne revint à Hispaniola que deux navires fracassés; tandis qu’un seul, le plus mauvais, le plus usé, le plus petit de tous, nommé l’Aiguille,» continuait sa route vers l’Europe; il portait tout le bien de Colomb, et ce fut le premier qui arriva en Castille, comme par la permission de Dieu» (Herrera). Dans cette terrible journée périrent, sans en excepter un seul, les traîtres, les calomniateurs, les ennemis jurés de Colomb. Là, dit un historiographe royal, là prit fin Bobadilla, qui avait envoyé l’Amiral et ses frères en Europa les fers aux pieds, sans l’accuser ni lui donner lieu de se défendre; là prit fin aussi le rebelle Roldan, et quantité de ses complices, qui s’étaient soulevés contre l’Amiral, dont ils avaient mangé le pain, et qui avaient tyrannisé les Indiens: «les deux mille pesos, furent submergés avec ce grain d’or de grandeur prodigieuse — » (Herrera). Tout fut perdu: la mer engloutit à la fois avec ces richesses iniques, leurs iniques possesseurs au nombre de plus de cinqcent hommes (Oviedo): Or, pendant que s’accomplissait ce désastre, l’Amiral, ritiré dans le port caché, puerto escondido, laissait gronder l’ouragan, et se confiait à Dieu (pag. 186). Portrait de Colomb.

«L’ardente foi de Colomb surmontait seule les contrariétès des influences extérieures: tout occupé de son projet, sans cesse les yeux fixés sur son but, il ne s’arrêtait pas à compter les obstacles. Sa soixanteseptième année commençait à peser sur lui, sans qu’il se fût douté de son approche. La subtilité de ses sens n’avait rien perdu de sa délicalesse. En dépit de ses atteintes rhumatismales, sa taille, encore droite et ferme, soutenait à merveille la majesté de sa physionomie, sur laquelle semblait naturellement empreinte la noblesse de sa pensée. A