Pagina:Goldoni - Opere complete, Venezia 1922, XXI.djvu/303

Da Wikisource.
Jump to navigation Jump to search

297


dans le coffre, en poussant de longs soupirs. Arlequin la surprend dans cette occupation, il lui demande ce quelle veut faire, et elle le prie de lui accorder la permission de donner tous les habits aux pauvres. Arlequin lui demande si elle est bien determinée à suivre cette résolution. Elle lui répond que oui. Il la prie seulement de l'attendre, et il sort. Camille reste incertaine de ce qu’Arlequin va faire. Il revient bientôt en habit de Campagne, et lui dit qu'il s’en retourne à Bergame, ne pouvant rester à Venise sans elle. Elle l'invite à jouir du legs de Pantalon. Arlequin, les larmes aux yeux, lui dit qu'il n’a souci de rien, qu’il perd tout en la perdant; mais qu’il l’a mérité. Camille tremble à ce discours, il poursuit et lui dit qu'après l’avoir tourmentée par sa jalousie, il a fait des terribles efforts pour cacher cette horrible passion; mai qu'il n'a pu la vaincre, et qu’elle a raison de l’abandonner, puisqu’il est toujours jaloux et qu’il le sera toute sa vie. Camille s’écrie, quoi, tu es encore jaloux? Oui, répond Arlequin, perce-moi le coeur, car il sera toujours jaloux. Alors Camille transportée de joie, va criant par toute la maison, qu’ elle est au comble de la félicité, que son mari n'a pas cessé de l’aimer, qu’il est toujours jaloux. Elle court à l'un, elle court à l’autre, contant son bonheur à tout le monde. Dans ce transport elle consent volontiers à l'accommodement proposé par l'Avocat, tous y souscrivent et sont bientôt unis.