Pagina:Goldoni - Opere complete, Venezia 1922, XXI.djvu/376

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demande à Arlequin s’il est content du dîner qu’il a mangé; Arlequin croit qu’on lui parle de celui que son ami lui a donné, il en fait l’éloge. Le ròtisseur part de là pour lui demandar sa pratique et surtout le payement du repas qu’il a fait servir chez lui à douze francs par tête. Argentine croit que son mari l’a obligée d’aller chez sa mère pour être plus libre et régaler des femmes. Arlequin, d’un autre côté, se persuade que sa femme a profité de son absence pour dîner chez elle avec quelque amant. Il se confirme dans cette idée, lorsque après avoir visité les clefs, il en trouve une qu’il ne reconnaît pas. Grand train, grand tapage. il découvre enfin que Scapin a ordonné le repas; il se doute que la clef inconnue est celle de la chambre du fourbe; il va l’essayer, ouvre la porte, entre, trouve une montre d’or, la vend et invite ensuite Pantalon avec toute sa famille à souper. Scapin, ne pouvant rattraper sa clef, fait ouvrir sa chambre par un serrurier, ne trouve plus sa montre, en demande des nouvelles. Arlequin lui apprend qu’il l’a vendue dix louis; il lui en rend six et en retient quatre, deux pour payer le dîner qu’il a commandé lui-méme, deux pour le souper qu’ils vont manger1.


  1. Cailhava, l.c, aggiunge poi questo commento: "On conçoit aisement, par le croquis de ce canevas, combien deux intriguants, imaginant et agissant tous deux avec la même vigueur, se portant tour à tour plusieurs coups redoublés et faisant pour ainsi dire essaut de fourberie; on conçoit, dis-je, combien de pareils champions pourroient amener de situations plaisantes, vanées, et même attachantes, s’ils travailloient pour quelque chose de plus interessant qu’une montre et un dîner".