Vai al contenuto

Pagina:Il conte di Cavour in parlamento - 1868.pdf/260

Da Wikisource.
212 discorsi parlamentari.

Ma poco appresso, il 4 novembre 1852, richiamato al potere, egli fu nominato presidente del Consiglio, ministro delle finanze, e dell’agricoltura e commercio. Furono suoi colleghi il generale Dabormida agli affari esteri, il conte Ponza di San Martino all’interno, il generale La Marmora alla guerra, Paleocapa ai lavori pubblici, il conte Ci-

    Ces vents, grâce au ciel, ne sont pas éternels, ils perdent bientôt de leur persistance, mais il y a un moment où ils brisent tout ce qu’ils trouvent sur leur passage. Je ne sais si ce moment est venu pour le Piémont. Peut-être l’éviterons-nous, si nous savons être en même temps prudents et habiles.»

    «Londres, 13 juillet 1852.

    «J’ai reçu votre bonne lettre du 7, et les détails que vous me donnez sur notre politique intérieure ne sont pas rassurants. J’espère toutefois que vos plus sinistres prédictions ne se réaliseront pas. La loyauté du Roi et le bon sens du pays nous sauveront. Quant à moi, je suis prêt à faire mon possible pour empêcher que notre barque constitutionnelle ne chavire, bien décidé à avoir patience et à supporter toute espèce de contrariétés. M. Thiers m’a dit en me quittant: «Si, après vous avoir fait manger des couleuvres à déjeuner, on vous en ressert à dîner, ne vous dégoûtez pas.» M. Thiers parle par expérience. S’il avait avalé quelques couleuvres de plus, la France peut-être ne serait pas réduite à l’état où elle se trouve.
    » Tâchez de prêcher la patience à nos amis. Soyez certain que pour le moment c’est la politique la plus habile.
    » Je ne puis pas hâter mon retour. En ce moment, ma présence serait un embarras en Piémont.
    » Je vous ai annoncé de Bruxelles la chute du cabinet Frère-Rogier. Ma prédiction s’est bientôt réalisée. Cette chute est fâcheuse pour nous car elle auginente l’audace des cléricaux.
    » Je ne puis pas encore vous entretenir du résultat final des élections anglaises. Ce qu’on en connaît cependant suffit pour qu’on puisse prédire que lord Derby n’aura pas la majorité. Toutefois, malgré l’avis contraire de quelques libéraux, je ne crois pas que son parti sorte affaibli de l’arène électorale. Le pays ayant prononcé un verdict définitif sur la question du free trade, le parti conservateur sera débarrassé du bagage protectioniste qui l’empêchait de marcher, et il aura des allures beaucoup plus dégagées. Je doute en conséquence qu’un ministère puisse se constituer solidement, s’il lui est décidément hostile. L’Angleterre est éminemment conservatrice. Lord Palmerston l’a dit d’une manière charmante aux électeurs de Tiverton, et je crois qu’il a tellement raison que, sans la question du free trade, qui n’est pas soutenable pour tout homme de bon sens, lord Derby aurait eu la majorité.»

    Londres, 17 juillet 1852.

    » Dans ma dernière lettre je vous disais que le ministère avait remporté plusieurs victoires: depuis lors, ces victoires se sont multipliées, et maintenant il est certain que, quand même il n’obtiendrait pas la majorité, ce qui est encore probable, il serait assez fort pour que l’opposition ne pût songer à le renverser dès le début de la prochaine session. L’existence du gouvernement de lord Derby dépend maintenant des mesures qu’il proposera. Si, comme tout porte à le croire, il abandonne