Pagina:Lettera Manuzio alla Signora di Venezia.pdf/1

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I.


Messer Aldo «Romano»1, à la date du 25 fevrier 1495, étant arrivè à former et à fondre d’interessans et remarquables caractères grecs pour servir à l’impression de œuvres des auteurs anciens, demande à la Seigneurie de Venise qu’elle lui vouille accorder un privilège de vingt annèes pour l’emploi et le bénéfice de son invention. La très heureuse (felicissima) cité de Venise y trouvera honneur et utilitè. Il demande aussi à la dite Seigneurie que le privilège qu’il attend d’elle, s’ètende à interdire l’impression, le réimpression et la vente, par autre que par lui, d’aucuns de les livres grecs, tant ceux avec ou sans prèface latine que ceux traduits de la langue grecque en langue latine et non imprimés auparavant.


Humiliter et reverenter exponitur per nome di Aldo Romano habitador in questa inclita Città: Conciosache havendo facto intagliar lettere greche in summa bellezza de ogni sorte in questa terra, ne le qual habbia consumato gran parte della sua facultà cum speranza de doverne qualche volta conseguir utilità, et za molti anni chel ha consumandi nel intaglio de le dicte lettere, habia trovato, per la dio gratia, doi novi modi, cum i quali stampira, si ben, et molto meglio in grecho de quello che se scrive a penna. Cossa che sarà de summo honor,

  1. Pour la désignation du nom d’Alde Manuce dans le sommaire de chacun de ces documents relatifs à la personne du cèlèbre imprimeur, nous la donnons telle que nous le rencontrons dans chaque document manuscrit. Nous prions donc le lecteur de ne se pas étonner de trouver des variantes à cet regard, et de lire tantôt Aldo Romano, tantôt Aldus Romanus et d’autre fois Aldus Pius Romanus.