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d’hypothèses pour expliquer ce phénomène. Mais, lorsqu’on y regarde de près, on s’aperçoit qu’aucune de ces hypothèses explique rien, et qu’aucun effort a jamais été fait pour en tirer une explication qui se tienne. Si l’on n’a pas résolu le problème, cela provient surtout de ce qu’on n’a pas su le poser. On a cherché à déterminer quel est le mécanisme physiologique du sommeil; mais comme on ne s’était jamais demandé ce qu’est le sommeil, si oui ou non il a un rôle, on a passé sans les voir à côté de faits très importants et qui crèvent les yeux. Avant d’énumérer ces faits, jetons un coup d’œil très rapide sur les diverses théories proposées jusqu’ici1.

A) - Théories circulatoires. — Certains physiologistes ont constaté que le sommeil est accompagné d’une anémie cérébrale (Blumenbach, 1795; Donders, 1854; Kussmaul et Tenner; Durham; Hamond; Cl. Bernard; Franck, Tarchanoff, Salathé, Fleming; H. Owell, 1897; Lehmann, 1899). Mais d’autres savants ont au contraire observé pendant cet état une hypérémie de l’encéphale (Brown, 1860; Langlet et Kennedy; Mosso; Czerny, 1896). D’autres enfin n’ont pas trouvé de parallélisme constant entre la circulation cérébrale et le sommeil (Vulpian, Brown-Séquard; Richet, Mays, Hill, Cappie, Rummo et Ferranini, Makenzie). Brodmann (1902) a constaté que l’assoupissement est caractérisé par une notable et soudaine augmentation, le réveil par une diminution, du volume du cerveau.

B) - Théories neuro-dynamiques. — On peut subdiviser ces théories en 4 groupes:

1. - Hypothèse d’une interruption de conductibilité dans les centres nerveux. Purkinje (1846) expliquait le sommeil par une interruption des relations existants à l’état de veille entre les hémisphères et le reste du cerveau. Mauthner, en 1901, a repris cette hypothèse, et place dans la substance grise du troisième ventricule et de l’Acqueduc de Sylvius le lieu de cette interruption.
2. - Discontiguité des neurones. Emise en 1895 par Mathias Duval, cette hypothèse a fait fortune. Les ramifications protoplasmiques des neurones, en se rétractant, inter-
  1. Pour plus de détails, voir mon Esquisse d’une théorie biologique du sommeil, p. 247 et suiv. Archives de Psychologie, tome IV, et publiée à part chez Kündig, Genève, 1905.