Pagina:Rivista di Scienza - Vol. II.djvu/246

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LA THÉORIE ÉLECTROMAGNÉTIQUE


DE L’UNIVERS.


I.


C’est un fait connu que les électriciens sont des gens ambitieux. Après des débuts modestes dans la science, puis dans l’industrie, ils ont peu à peu élargi leur cercle, et aujourd’hui on les rencontre partout. Personne ne s’en plaint, car, pour réussir, ils ont choisi le moyen le plus honnête et, en somme, le plus sûr: ils se sont partout rendus utiles, en attendant de devenir indispensables.

Cependant, on leur reproche encore de temps en temps d’utiliser des phénomènes dont la nature leur est inconnue. Le «mystérieux fluide» revient encore souvent sous la plume des journalistes, et cela, quelquefois, avec une intention désobligeante pour l’électricité. Qu’un accident se produise dans une usine pourvue d’une installation électrique, et que l’on croie avoir quelque raison d’en attribuer la cause à l’électricité, il se trouvera souvent quelqu’un pour dire au chef d’industrie: pourquoi vous servez-vous de ce mystérieux fluide, au lieu de vous contenter des anciens procédés, qui n’utilisent que des choses connues de tous; à peu près comme on dirait à un patron dont un employé aurait emporté la caisse: pourquoi employez-vous des gens sur lesquels vous n’avez aucun renseignement, dont l’origine est inconnue, et, par suite, la moralité douteuse?

Ces reproches n’émeuvent pas beaucoup les électriciens. Que l’on connaisse ou non la nature de l’électricité, que l’on se fasse à ce sujet telle ou telle idée théorique, cela est très intéressant pour le philosophe, mais n’a aucune importance immédiate pour le technicien. Nous saurions avec certitude