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ration où il a relevé la grande signification du rapprochement entre la Science et la Philosophie, qui caractérise le mouvement moderne de la pensée.

Le même jour, dans l’après-midi ont commencé les rapports et les discussions, qui ont toujours continué avec une animation et un intérêt remarquables pendant les jours suivants. Cet intérêt du public constitue même la note dominante du Congrès, ce qui témoigne de la renaissance philosophique de notre pays: il suffira de dire qu’il y a eu plus de deux cents congressistes et que les réunions, toujours très fréquentées, ont parfois duré jusqu’à une heure après minuit.

Les courants spéculatifs les plus variés étaient représentés au congrès. Différentes tendances idéalistes par Alessandro Chiappelli, «Conditions nouvelles et courants vifs de la philosophie»; Bernardino Varisco, «Connaissances et Conventions»; et Igino Petrone, «L’hétéronomie comme moment du devoir»; le spiritualisme par Francesco de Sarlo, «Sur le concept de nature»; Giovanni Calò, «L’intelligibilité des rapports»; et Antonio Aliotta, «Sensation et réalité»; le positivisme critique par Roberto Benzoni, «Les résultats philosophiques de la critique à la Science»; Federigo Enriques, «La métaphysique de Hegel considérée d’un point de vue scientifique»; Erminio Iuvalta, «Postulats éthiques et postulats métaphysiques»; Erminio Troilo (l’infatigable secrétaire du Congrès), «Néo-idéalisme et néo-positivisme»; etc.

Le philosophe berlinois Gregorius Itelson a pris part au Congrès avec une critique du concept de vérité — en réfutant le pragmatisme — , et avec une communication historique sur «Lorenzo Valla comme logicien».

Ont surtout apporté des contributions importantes à l’histoire de la philosophie les admirables rapports de Giovanni Vacca sur «Les sophistes de la Chine» et de Carlo Formichi «les études sur la philosophie indienne», dont l’importance est grande, car ils tendent à recider les limites traditionnelles du domaine de l’histoire de la philosophie, en mettant en lumière ce qu’il y a encore de vivant et d’intéressant pour nous dans la pensée orientale.

Pour ce qui regarde d’une façon spéciale la Science, il faut avouer que la contribution des savants à ce Congrès-ci à été inférieure à celle qu’ ils ont apportée au précédent congrès de Parme. Citons un rapport de Luigi Amoroso sur «les interprétations mécaniques des phénomènes économiques», fort lucide, mais inspiré à des critériums formalistes plutôt que philosophiques; une communication de Torquato Armani sur «le principe de raison suffisante»; une autre de Silvestro Baglioni sur «le système: ses avantages et ses dangers», où l’orateur a posé un problème important qu’il n’a peut-être pas abordé par une analyse assez profonde; une belle étude sur «la psychologie des aveugles», par l’aveugle Romagnoli, etc.

Les discussions sur la philosophie de la religion, auxquelles a donné lieu d’abord un rapport de Salvatore Minocchi et ensuite une étude de Eugenio Rignano, ont été particulièrement animées. Minocchi représentait au Congrès le modernisme catholique, un modernisme quelque peu élargi, à la vérité, avec des intuitions bouddhistiques. Son rapport, remarquable par son élévation, s’est trouvé notamment en face de deux adversaires de foi opposée, Enrico Ferri et le père Agostino Gemelli; mais la discussion