Pagina:Scientia - Vol. VII.djvu/287

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dévelop. hist. des théories de la physique 279

qu’on ne puisse lui refuser la plus immense probabilité (à défaut d’une certitude qui n’est pas de ce monde en pareille matière)....... Aussi repoussons-nous toute formule théorique en contradiction formelle avec la loi des actions fonctions continue des distances des points matériels et dirigées suivant leur ligne de jonction deux à deux. Si, en recourant à une telle formule, on explique plus facilement certains faits, nous la regardons toujours comme un expédient trop commode pour répondre à quelque chose de vrai et ne produisant qu’une illusion et un faux repos, propre à arrêter les recherches et à ajourner indéfiniment la découverte des explications véritables (telles que la mise en compte d’une hétérotropie non d’abord aperçue)». St. Venant voyait effectivement des cristaux partout où l’existence de deux paramètres distincts est démontrée par l’expérience.

Dans le passage cité, St. Venant a parfaitement raison: on ne saurait mieux dire. On ne doit abandonner une hypothèse simple que lorsqu’on ne peut plus la défendre. Mais précisément soutenir l’hypothèse des forces centrales est un héroïsme mal placé. St. Venant avait au moins raison de prétendre qu’abandonner cette hypothèse, c’est abandonner toute hypothèse.

Je devrais repéter mot pour mot les raisonnements précédents à propos de la théorie du frottement dans les liquides. Celle qui est généralement admise et dont Stockes a tiré d’intéressants résultats, n’est que l’application des conditions de symétrie aux déplacements relatifs. On retrouve deux paramètres distincts.

Essayons de tirer de ce qui précède quelques conséquences générales.

D’abord il va de soi que baser l’exposition de la théorie de l’élasticité sur l’attraction des particules est un détour sans aucun intérêt, puisque cette hypothèse, nous venons de le montrer, s’évanouit en réalité. Mais laissons ce côté pratique de la question; arrêtons nous aux deux problèmes philosophiques: simplicité des lois de la nature, origine des notions dites mathématiques.