Pagina:Scientia - Vol. VII.djvu/79

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le subconscient 71


elle sautait brusquement. Elle vint d’elle-même et seule dans une consultation spéciale se faire examiner les oreilles, parce qu’elle se plaignait de vertiges et qu’elle se demandait si ces vertiges n’étaient pas déterminés par quelque maladie des oreilles1.

Sans doute les plus beaux faits de ce genre nous seraient fournis par l’examen de l’écriture automatique des médiums. Mais il n’est pas nécessaire de faire appel à ces phénomènes artificiels, la clinique nous offre des exemples d’écriture automatique très nette. Une malade obsédée par le souvenir de la mort de sa nièce, qui s’était suicidée en se jetant par la fenêtre, écrivait sans cesse sur tous les papiers à la portée de sa main des lettres à sa nièce et dessinait des fenêtres, et quand on lui demandait ce qu’elle avait écrit ou dessiné elle était toute surprise et prétendait l’avoir fait sans le savoir. J’ai décrit longuement l’observation amusante de My.; cette femme de 38 ans est très effrayée parce qu’elle trouve partout chez elle des morceaux de papier sur lesquels sa propre main a écrit à son insu des menaces terribles. Elle croit écrire une lettre sérieuse à un professeur de son fils et, quand elle relit sa lettre, elle voit qu’après trois lignes elle a écrit sans le savoir des absurdités: «il faut mourir… rien ne te tirera de là… tu as été voir le médecin trop tard, etc.2». D’autres malades n’écrivent pas, ils parlent tout haut sans s’en douter comme les petits prophètes cévenols, et eux aussi affirment qu’ils n’ont aucune conscience des mots que leur bouche a prononcés.

Les mêmes sujets, au lieu de présenter ces agitations motrices, semblent au contraire dans d’autres cas avoir complètement perdu le pouvoir de se remuer volontairement et présentent de véritables paralysies. Ils ne se bornent pas à dire comme les psychasténiques: «ce n’est pas moi qui parle, qui remue, qui marche». Ils cessent complètement de parler, de marcher, de remuer. Ils semblent avoir perdu, non seulement la possession du mouvement, mais la puissance même du mouvement.

Les perceptions de ces malades sont souvent bizarres et inexplicables. Une jeune fille de vingt ans, X…, ne veut

  1. Névroses et idées fixes, 1898, I, p. 219.
  2. Névroses et idées fixes, 1898, II, p. 332.