Pagina:Goldoni - Opere complete, Venezia 1923, XXII.djvu/215

Da Wikisource.
Vai alla navigazione Vai alla ricerca

LE BOURRU BIENFAISANT 207


Marton. Monsieur.

M. Géronte. Va chercher un domestique, et qu’il aille tout-à-l'heure porter cette lettre à Dorval. (se tournant vers la porte de son appartement) L’imbécile! il boite encore, et il voudroit sortir! (à Martori) Vas donc.

Marton. Mais, monsieur...

M. Géronte. Dépêche-toi...

Marton. Mais Dorval...

M. Géronte. (Vivement) Oui, chez Dorval.

Marton. Il est ici.

M. Géronte. Qui?

Marton. Dorval.

M. Géronte. Où?

Marton. Ici.

M. Géronte. Dorval est ici?

Marton. Oui, monsieur.

M. Géronte. Où est-il?

Marton. Chez monsieur Dalancour.

M. Géronte. (D’un air fâché) Chez Dalancour! Dorval chez Dalancour! Je vois à présent ce que c’est; je comprends tout. (à Marton) Va chercher Dorval; dis-lui de ma part... Non, je ne veux pas qu’on aille dans ce maudit appartement. Si tu y mets les pieds, je te renvoie sur le champ. Appelle les gens de ce misérable... Point du tout, qu’ils ne viennent pas... Vas-y toi; oui, oui; qu’il vienne tout de suite. Eh bien?

Marton. Irai-je? ou n’irai-je pas?

M. Géronte. Vas-y; ne m’impatiente pas davantage.

Marton. (Entre chez monsieur Dalancour.)

SCÈNE VI.

Monsieur Géronte seul.

Oui, c’est cela. Dorval a pénétré dans quel abyme affreux ce malheureux est tombé; oui, il l'a su avant moi; et je n’en aurois rien su encore, si Picard ne me l’eût pas dit. C'est