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Pagina:Marino, Giambattista – Adone, Vol. I, 1975 – BEIC 1869702.djvu/28

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26 discorso di chapelain sull’adone

lées sur ce Prototype. Mais il nous est demeuré de Musée, si ce n’est plustost de Nonnus, un Poëme tout pareil à cestui-cy, des Amours de Leandre et de Hero, et Claudian en avoit ourdy un long, fondé sur le rapt de Proserpine, dont il nous reste un fragment, du mesme stile et avec de pareilles actions (quoy que bien moins unes) que celles qui sont icy; de façon que non seulement en raison, mais en authorité plus que valable, ceste Nouveauté ne sera plus en luy qu’un renouvellement, et comme un legitime remplacement du deffaut qu’il y avoit en la division de l’Epopée: et ainsi pour avoir trop de fondement il en meritera moins de loüange. Sur quoy si l’on repartoit que ces Poëmes alleguez sont terminez en peu de vers, où cettui-cy en a une prodigieuse suitte, je voudrois respondre premierement qu’il n’est pas vray pour celuy de Claudian, et en second lieu que quand en cestui-cy le Poëte se seroit donné la carriere large sans exemple, il l’auroit peu justement faire, veu que, la matiere de Paix le souffrant, comme il apparoist par ce qui a esté dit cy-dessus, ce ne sont que les accidens qu’il a pris à estendre, lesquels accidens, comme vous sçavez bien, reçoivent le plus et le moins, n’y ayant en cecy particulierement que la necessité, ou la volonté qui les regle; ce que monstre assez l’Episode d’Ariadne dans l’Epithalame de Catulle, lequel, moins necessaire et moins vraysemblable que pas un de ceux qui sont dans l’Adonis, ne laisse pas de tenir plus de place en ce petit Poëme, que le suject principal des Amours de Peleus et de Thetis. Ainsi l’on voit qu’il ne revient aucun inconvenient de cette longueur objectée. Adjoustés à cela que tout y estant excellent, et ne pouvant d’ailleurs jamais y avoir de trop des choses qui sont excellentes, il n’y a que le Poëte qui perde en cette longuer; veu qu’il n’entend pas, à ce qu’il m’a dit cent fois, qu’on luy face entrer cela en conte d’autre chose; et qu’il veut qu’on le tienne en toute telle obligation pour les autres grandes pieces qu’il a promises que s’il n’avoit jamais songé à celle-cy. En quoy il ne faict que trop voir la difference de son esprit d’avec ceux du commun; ne sçachant faire les choses negligemment ny petitement, non pas mesmes les petites et le negligées.