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308 rivista di scienza

II.

Les difficultés d’une étude conduite à un point de vue exclusivement scientifique, déjà très grandes en économie politique, le deviennent énormément plus en sociologie. Elles s’y heurtent à une foule de préjugés et de passions; et en outre il faut tenir compte d’une circonstance aussi singulière qu’importante. Ces préjugés et ces passions peuvent être très utiles pour empêcher la dissolution de la société et la faire prospérer; par conséquent la connaissance que pourrait acquérir la grande masse des hommes des vrais rapports des faits sociologiques peut en certains cas être nuisible; tandis que la connaissance des ces rapports pour les faits économiques n’est jamais nuisible, ou du moins ne l’est que plus rarement.

Nous laissons ici entièrement de côté cette question de l’utilité de le diffusion des connaissances, et nous nous plaçons, comme précédemment au point de vue exclusif de la recherche des rapports des faits et des uniformités (lois) qu’ils présentent.

La circonstance de la mutuelle dépendance des phénomènes est ici encore capitale. C’est ce qu’il y a de vrai dans ce qu’on a appelé la conception matérialiste de l’histoire, et c’est à cause de cela que cette théorie marque un progrès énorme en sociologie. Mais la conception matérialiste de l’histoire réduit les mutuelles dépendances qui existent réellement à une seule: celle du phénomène économique avec les autres phénomènes sociaux; en outre elle a le tort d’exprimer cette mutuelle dépendance sous la forme erronée d’un rapport de cause à effet.

Des rapports de ce genre sont d’ailleurs généralement substitués aux rapports de mutuelle dépendance, autant en économie politique qu’en sociologie. Nous avons déjà indiqué les circonstances qui ont produit ce fait. La logique ordinaire se prête bien mieux à exprimer les rapports de cause à effet que les rapports de mutuelle dépendance.

La doctrine de l’évolution a été aussi un progrès, en ce qu’elle a étudié des dépendances des phénomènes. Elle a étudié ces dépendances à un point de vue dynamique, recherchant comment les faits d’un temps donné dépendaient des faits d’un temps antérieur. Cette étude a souvent été faite pour chaque classe de faits isolément; et l’on a négligé ainsi