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analisi critiche e rassegne 341

logiques entre ces objets. Son développement consiste alors: 1° en définitions (de nom) donnant naissance à de nouveaux objets; 2° en déductions grâce auxquelles aux rapports donnés viennent s’ajouter de nouveaux rapports reliant entre eux les objets donnés et les objets construits (p. 182). — Les objets initiaux sont fournis par des définitions réelles (psychologiques) ou par des définitions implicites (ils sont alors le support hypothétique d’un ensemble donné de postulats. Cf. p. 175). — Quant aux principes logiques (principes d’identité, de contradiction, de milieu exclus), ce ne sont pas des propositions; ces principes sont l’expression des conditions sous lesquelles un objet ou un rapport phénoménal peut être transformé en concept logique (pp. 195 et 217).

La Logique étant ainsi définie a priori, quelle utilité, quelle valeur objective a-t-elle? Là est le point essentiel de la thèse de M. Enriques. La représentation conceptuelle, nous a-t-il dit, est une abstraction par laquelle nous isolons les objets donnés des circonstances (facteurs de variation) qui les compliquent; le logicien fixe volontairement dans la réalité certains invariants sur lesquels il fait porter ses déductions. Dès lors il faut, pour que la Logique soit susceptible d’applications, que la nature nous offre effectivement des invariants. Or, d’après M. Enriques, la légitimité de ce postulat est prouvée par l’analyse psychologique de la connaissance (comparez l’analyse de la notion de fait, rapportée plus haut). Il y a dans la nature des invariants relatifs, et la Logique a dès lors une valeur, approchée sans doute, mais de plus en plus approchée.

Telle est la doctrine qui permet à M. Enriques d’affirmer l’objectivité de la science abstraite. Dans la seconde partie de son livre (relative à la Géométrie et à la Mécanique) il confirme ces vues par une analyse approfondie des principes et des axiomes de notre science. Nous ne pouvons le suivre dans le détail de cette étude, mais nous devons signaler les efforts qu’il fait pour expliquer par la psychologie physiologique la formation des concepts géométriques et mécaniques. On jugera peut-être que cette psychologie est trop imparfaite encore pour donner lieu à des résultats définitifs. C’est bien elle, cependant, qui sera appelée à juger de la doctrine de M. Enriques. L’empirisme, battu en brèche par les Kantiens, peut-il revivre en se fondant sur une analyse psychologique perfectionnée jointe à une connaissance exacte de la logique où les lois de la pensée trouvent leur expression? Là est la question, à laquelle maint lecteur du livre de M. Enriques sera peut-être tenté de répondre affirmativement.

Université de Montpellier.