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la théorie électromagnétique de l’univers 241


ment ainsi que durent apparaître à ceux qui les étudièrent d’abord les phénomènes électriques et magnétiques. Cet ensemble comprend des apparences extrêmement variées; la nature nous les offre sous des formes trop complexes pour que l’observation seule pût suffire même à en ébaucher l’étude. Après la période d’expériences qualitatives, il fallut un demi-siècle d’efforts (de Coulomb à Faraday) pour établir à peu près les lois qui régissent les plus importants de ces phénomènes. L’électromagnétisme, pendant cette période, se constitue comme science entièrement distincte; les phénomènes sont de mieux en mieux connus, les relations entre eux sont de mieux en mieux établies, mais aucune tentative n’est faite pour expliquer cet ensemble, en le considérant comme conséquence d’autres phénomènes naturels. A ce point de vue, l’électromagnétisme pouvait réellement être considéré comme une science mystérieuse.

C’est à Faraday qu’il faut faire remonter la première tentative d’explication des phénomènes électromagnétiques. Il eût l’idée hardie de faire intervenir, dans l’étude de ces phénomènes, non seulement les corps qui agissent les uns sur les autres, mais encore, et surtout, le milieu qui les sépare ou, si l’on vent, qui les relie.

L’idée d’un milieu qui remplit l’espace, même vide de matière, était déja familière aux physiciens par l’étude de l’optique. Depuis Young et Fresnel, on savait, avec certitude, que la lumière est due à quelque chose de périodique qui se propage; on disait alors un mouvement vibratoire. Pour propager ce mouvemant, il faut bien imaginer un milieu; on lui avait donné le nom d’éther. La matière n’est nullement nécessaire à la propagation de la lumière, et ne fait qu’apporter une gêne à cette propagation; il faut donc admettre que l’éther est complètement distinct de la matière.

Faraday chercha à se représenter les phénomènes électriques comme produits par l’élasticité de ce milieu. Cette conception nouvelle devait avoir une influence énorme sur les progrès de la physique; on peut dire cependant que la tentative de Faraday a échoué. Il avait laissé dans le vague les propriétés du milieu qui doit rendre compte des phénomènes électromagnétiques. Ses successeurs essayèrent de préciser. On voit bien quelle est, ici, la voie que l’on essaye de suivre: on imagine un milieu qui remplit tout l’espace; on cherche

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