Pagina:Rivista di Scienza - Vol. II.djvu/254

Da Wikisource.
Vai alla navigazione Vai alla ricerca
246 rivista di scienza


lequel le corps d’épreuve est plongé; le fait que ce corps tend à se déplacer nous indique que ce milieu est dans un état particulier, différent de celui du même milieu à l’état normal, dans lequel le corps électrisé reste inerte. La grandeur et la direction de l’action ainsi produite servent à représenter, à ce point de vue, l’état de ce milieu.

Pour l’étude des actions magnétiques, une aiguille aimantée librement suspendue constitue l’appareil d’épreuve: partout où elle manifeste une tendance à s’orienter, nous dirons qu’il y a champ magnétique, et nous attribuerons aussi cette action à un état spécial, distinct du précédent, du milieu dans lequel l’aiguille est placée. Une grandeur ayant une direction déterminée (un vecteur) sert aussi à représenter cet état.

Le champ électrique ou le champ magnétique sont parfaitement connus lorsqu’on connaît, en chacun de ses points, le vecteur qui le représente. Les lignes de force, courbes tangentes en chacun de leurs points à ce vecteur, permettent de se faire une idée simple de sa distribution dans l’espace.

Le champ électrique et le champ magnétique sont deux phénomènes parfaitement distincts l’un de l’autre; l’un peut exister sans l’autre: la région de l’espace qui est entre les branches d’un aimant est un champ magnétique fort intense; ce n’est pas un champ électrique, car un corps électrisé n’y subit aucune action. Entre les plateaux métalliques d’un condensateur chargé existe un champ électrique, et une aiguille aimantée y reste inerte.

L’espace où existe l’un ou l’autre de ces champs est évidemment différent de l’espace naturel. En quoi consiste cette modification? Il est impossible de le dire, et l’on ne voit même pas comment il serait possible de l’expliquer. Veut-on se les figurer comme des modifications élastiques d’un milieu, ou comme un mouvement d’ensemble de l’éther, qui agirait sur le corps d’épreuve comme un courant d’air sur une feuille de papier? On n’arrive ainsi qu’à des comparaisons sans portée, qui ont toujours comme point de départ cette assimilation a priori entre les propriétés de l’espace vide et celles de nos milieux matériels. Le plus sage est de poursuivre l’étude expérimentale des propriétés de l’espace ainsi modifié, et de prendre les lois ainsi trouvées comme point de départ, comme phénomènes irréductibles, dans l’étude de la matière.