Pagina:Scientia - Vol. VII.djvu/181

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analisi critiche 173


à la vision, et non pas sur la théorie elle-même. En France, vingt personnes utilisent des télescopes, quelques milliers des microscopes, quelques dizaines de mille des objectifs photographiques, et trente six millions n’emploient comme appareil dioptrique que leurs yeux. Il semblerait, à lire les traités élémentaires, que la progression est renversée».

De même il sera de l’avis des nouveaux programmes qui donnent «sa juste place à l’acoustique et propose l’étude des vibrations en optique et en électricité, comme un développement des notions solidement acquises en acoustique» et il commençera par appliquer les principes de la mécanique aux ondes sonores comme capables de nous faire comprendre visuellement et matériellement ce que sont la propagation d’un mouvement vibratoire et une onde stationnaire». Il est plus facile de se représenter un phénomène quand il est matériel que quand il ne l’est pas, quand il existe réellement que quand c’est une manière de parler».

Bouasse évitera pour la même raison les analogies trompeuses, les confusions: «Pourquoi comparer le mouvement vibratoire longitudinal dans un tuyau à des rides à la surface de l’eau, quand on a des exemples aussi parfaits que la propagation d’un ébranlement longitudinal d’un bout à l’autre d’un train ou le long d’une corde de caoutchouc? Croit-on que ce soit œuvre philosophique de mélanger les vibrations transversales et longitudinales, et d’expliquer la propagation d’une vibration longitudinale par la propagation d’une vibration transversale qui est infiniment plus complexe?».

Il évitera partout les développements purement mathématiques: «Cependant on doit habituer l’élève à concevoir que les phénomènes peuvent être renfermés dans une formule. Après lui avoir expliqué, par exemple, les courbes successives que réalise une corde vibrante, on ne doit pas négliger de lui faire discuter en détail l’expression mathématique qui résume ces formes. On lui rendra le service immense de lui montrer l’intérêt pratique des études mathématiques». Cette excellente remarque pédagogique est d’autant plus méritoire que Bouasse a sur la méthode physique des idées philosophiques fort arrêtées. Ces idées se trouvent surtout appliquées dans un septième volume qui est le plus intéressant et le plus original de la collection, comme il en est le plus poussé: «Mécanique et physique». La physique consisterait essentiellement à chercher des formes mathématiques dans et par lesquelles s’exprimeraient les résultats de l’expérience d’une façon systématique et partant extrêmement commode. Ces formes se fonderaient sur un certaine nombre de principes, définitions indépendantes de l’expérience et qui ne visent qu’à la représenter et à la retrouver