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194 “scientia„


Sergi appelle Homo asiaticus, ne présente, à l’exception de cette spécialité de l’ouverture palpébrale (qui d’ailleurs n’est même pas commune à tous ses représentés) rien de caractéristique. La classification qui devait avoir comme base les caractères les plus importants, savoir les squelettiques, se trouve réduite à se fonder en réalité sur un petit pli cutané qui au surplus n’est pas caractéristique: on peut dire la même chose des cheveux droits.

Il s’ensuit que, si les caractères les plus importants sont communs aux deux genres, si les oscillations qu’ils présentent chez H. asiaticus rentrent dans celles qu’ils présentent chez H. afer, il n’y a aucune raison de les séparer en deux groupements qui résultent manifestement dépourvus de toute base physique, par là tout à fait arbitraires; et si l’on ne peut pas les distinguer raisonnablement, il s’ensuit qu’ils constituent un seul genre, ou mieux une seule espèce.

Quant aux prétendues espèces, elles ne sont pas mieux définies que les prétendus genres: il suffit de dire que l’H. eurafricanus serait lepto-méso-platyrhinien1, rendant ainsi inutile l’un des caractères squelettiques les plus significatifs, peut-être même le plus significatif de tous, ainsi que le prétendait Topinard.

La conclusion c’est qu’il faut évidemment renoncer à ces groupements étendus qui n’ont aucune existence objective: ceux que Sergi a imaginés ne valent pas plus que ceux que Deniker a prudemment laissés sans nom.

Cette impossibilité d’obtenir des groupements rationnels plus larges tient justement à ce qu’il s’agit d’une seule espèce; c’est donc le ubi consistam qui fait défaut pour les coupes nettes2, telles qu’on pourrait les pratiquer dans un genre ou a fortiori dans une famille; et les tentatives des polygénistes n’ont fait que

  1. C’est à tort que Sergi dit (p. 542 de son ouvrage) «lepto-mésorhiniens», du moment qu’il y inclut (pag. 543) différentes variété platyrhiniennes; la même correction est à faire pour la taille, dès qu’il y inclut depuis les variétés les plus hautes jusqu’aux pygmées, et de même pour d’autres caractères.
  2. Les lacunes que Bonarelli, dans un récent article (Le razze umane e le loro probabili affinità, Boll. soc. Geograf. Ital. 1909, fasc. XIII-IX) considère avec raison comme la «condition absolument nécessaire pour qu’on puisse parler des races», font ici défaut. Cet écrit que je lis en même temps que les épreuves de ma revue — trop tard donc pour pouvoir le résumer — est suivi d’un «Appendice» qui est une défense très grande des idées monogénistes que nous soutenons depuis longtemps. (cfr. «Monit. Zool. Ital.» Anno XIV, 1903, n. 4-5). On ne saurait rien écrire de plus rationnel du point de vue zootechnique, qui est celui de Bonarelli (p. 43-48 de l’extrait); c’est-à-dire en employant un critérium un peu plus autorisé que le critérium subjectif de nos adversaires.