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morphes et métamorphes; Stratz, par ses vues synthétiques riches en promesses pour l’étude rationnelle de toutes les ramifications successives, plus ou moins différenciées, du grand arbre humain, constituent, avec d’autres moins importants, un noyau d’activité nouvelle et féconde, d’où va sortir la systématisation peut-être définitive des groupes humains.

Cet heureux critérium hiérarchico-génétique - qui trouve son analogue dans les autres sciences biologiques - rencontre naturellement les plus grandes difficultés à sa base, où il faut reconnaître par une diagnose perspicace les rares arrière-représentants de l’homme primitif, tandis que le sommet s’épanche en pleine lumière. Le groupe eurafricain, - qu’il ne faut pas confondre avec l’H. eurafricanus qui serait beaucoup plus étendu, ainsi qu’on l’a déjà dit - avec quelques variétés locales divergentes1, occupe le faîte et la partie centrale de la grande chevelure; les jaunes et les noirs présentent une différenciation plus unilatérale. Il ne peut y avoir de doute que les leucodermes, les xanthodermes et les mélanodermes ne soient les trois groupes archimorphes ou dominateurs, ainsi que le prétend Stratz. Ce ne seront cependant jamais des groupements aussi rationnels qu’on pourrait l’exiger s’il s’agissait d’autant d’espèces. Le fait même que celles-ci auraient déjà été définies sans difficulté et sans discussion, ainsi qu’on le fait pour toutes les espèces zoologiques, et que cela n’est pas arrivé, c’est un signe qu’en réalité elles n’en sont pas: car on ne saurait prendre au sérieux l’argument que - à l’époque actuelle! - les zoologues aient quelque tendresse pour des traditions extra-scientifiques, ou qu’ils subissent inconsciemment des suggestions, ou tout autre chose qu’on pourrait avancer de mauvaise foi et dans le dessein de leur porter une insulte gratuite. Si le Linné de l’Anthropologie, si ardemment attendu par les polygénistes, ne doit jamais paraître, c’est tout simplement qu’il n’y a point de matière ad hoc.

Napoli, Università
  1. Ce qu’on désigne depuis Linné par le nom d’Homo alpinus, et que Sergi dans sa classification appelle H. eurasicus, en le considérant comme une espèce engendrée par le croisement des deux genres H. afer et H. asiaticus, avec lesquels cette étrange espèce continue d’être féconde: tout ce mélange serait vraiment sans précédents et sans analogue dans la zoologie, s’il ne montrait pas une fois encore - on dirait par l’absurde - que la vérité est simplement dans le fait qu’ils constituent tous ensemble une seule espèce.