Pagina:Scientia - Vol. VII.djvu/208

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c’est en somme encore la science de l’organisme, du corps. C’est de la physiologie. Ils admettent bien dans certaines limites ou dans certaine sphère l’emploi des méthodes dites scientifiques ou positives. Mais ils affirment en même temps que ces méthodes ne peuvent pas, à propos de l’esprit, épuiser leur objet. Loin de là! Elles ne peuvent que donner sur certains faits des indications utiles, ou servir à certaines applications, éclairer certaines conséquences, l’action du corps, par exemple, comme intermédiaire nécessaire de l’action du milieu sur l’esprit et des réactions de celui-ci sur le milieu. La connaissance de l’esprit doit être parachevée par d’autres moyens. La vraie psychologie est une recherche spécifique à côté et au dessus de la psychologie dite physiologique, positive, ou expérimentale. Et c’est au nom même de l’expérience, mais d’une expérience plus directe et plus immédiate, plus concrète, plus réelle en un mot que l’expérimentation scientifique, qu’on formule cette affirmation. W. James, Schiller, Dewey, Dewelshauvers, Leroy, Baldwin (avec des restrictions) etc., pourraient à des titres et des degrés divers se ranger dans ces groupes. Je ne parle pas, bien entendu, des philosophes qui admettent, comme Hannequin par exemple, et nombre de Français de marque, une dualité des points de vue scientifique et philosophique. Comme ici la philosophie entretient avec la psychologie les mêmes rapports qu’avec les autres sciences, cette dernière est au même titre, dans le même sens qu’elles et sous les mêmes limitations, une science positive. Il n’y a pas à s’occuper par suite de cette opinion dans le cas que nous examinons. Celui-ci est tout autre: ce n’est pas la légitimité d’une méthode philosophique à côté des méthodes scientifiques, dont il s’agit, mais bien de la légitimité de la méthode dite scientifique, à propos de l’esprit. Cette légitimité, on la nie purement et simplement. Et après tous les efforts faits depuis cinquante ans pour instaurer la psychologie comme science positive, nous nous sommes trouvés, depuis quelques années, chez nombre de penseurs de mérite, devant un retour complet à l’ancienne position, et un revirement d’idées absolu: la psychologie sera métaphysique ou elle ne sera pas. Plus exactement, (car ce mot métaphysique, c’est nous qui l’employons au sens que les positivistes donnent à ce mot, mais il serait repoussé par les adeptes des vues nouvelles, — ou soit-disant telles) a psychologie doit faire appel, pour expliquer la vie de l’esprit, à des notions transcendantes, à celles qu’on a coutume d’employer dans les sciences et en particulier dans la psychologie dite scientifique, à des notions d’ordre et d’aspect tout à fait différents: liberté, finalité, personnalité, qualité pure, virtualité et tension pures, puissance, création, commencement absolu, acte de l’esprit, intuition immédiate, tendance, force occulte de l’inconscient, méthodes