Pagina:Scientia - Vol. VII.djvu/23

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la diversité de fortune etc. 15


au moins, — que des phénomènes destructeurs d’énergie utilisable.

Et cela suffit pour conclure que, si Spencer avait médité longuement sur la seconde loi de la thermodynamique, s’il n’avait pas été aveuglé par l’idée fixe de la «permanence de la force», il aurait mieux compris quel est le caractère commun à tous les phénomènes naturels, et n’aurait pas donné à la différentiation des propriétés dans un milieu homogène, une importance et un rôle qu’elle n’a pas dans la nature. Mais, d’autre part il faut reconnaître que la lecture de ces chapitres des Premiers Principes (chap. XIX à XXII.), révèle un souci de la «dissipation du mouvement» et du «progrès universel vers l’équilibre», où s’accuse une connaissance, peut-être insuffisante, mais en tous les cas nouvelle, de la dégradation de l’énergie. Et nous assistons vraiment ici au premier essai d’introduction de cette loi dans le domaine de la spéculation philosophique.

III.


C’est vers la même époque, aux environs de 1870, que nous voyons apparaître nettement dans les ouvrages anglais d’enseignement et de vulgarisation, le second principe de la thermodynamique. En 1870, paraissent deux traductions françaises de deux ouvrages anglais récents: la «conservation de l’énergie» de Balfour Stewart; et l’«esquisse historique de la théorie dynamique de la chaleur», de Tait.

Dans la «conservation de l’énergie», la place prépondérante est tout naturellement réservée au premier principe de la thermodynamique; mais ici le second n’est plus ignoré. Un chapitre (sur six) est conservé à la «dissipation de l’énergie».

«Thomson, dit Stewart, observa qu’il y avait entre ces deux lois (transformation de chaleur en travail, ou de travail en chaleur) une différence des plus importantes et des plus significatives; le travail se transforme en chaleur avec la plus grande facilité, mais il n’est pas de méthode, au pouvoir de l’homme, permettant de transformer toute la chaleur en travail. Le phénomène n’est pas réciproque, et il en résulte que l’énergie mécanique de l’univers se change, chaque jour, de plus en plus en chaleur.... Il y a, par conséquent, quoique dans un sens strictement mécanique, conservation d’énergie;