Pagina:Scientia - Vol. VII.djvu/31

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la diversité de fortune etc. 23

Si on a fourni de la chaleur à un fluide, gaz ou vapeur, pour l’échauffer et le dilater, l’excès de cette chaleur, — évaluée en unités mécaniques (c’est à dire à raison de 425 kilogrammètres par grande calorie), — sur le travail produit par le fluide en se dilatant représente la valeur mécanique du travail qu’il pourrait restituer. C’est cet excès de la chaleur fournie au fluide sur le travail qu’il a produit, dans le cas d’une modification élémentaire de la température et de la densité, que W. Thomson définit comme la variation élémentaire de l’énergie mécanique du fluide.

Dans le grand mémoire ou il a développé les idées simplement indiquées dans la communication à la Société royale d’Edimbourg, Thomson revient sur cette notion d’énergie mécanique contenue dans un fluide dans un état donné.

«L’énergie mécanique totale d’un corps peut être définie1 comme la valeur numérique de tout l’effet qu’il pourrait produire, en chaleur émise et en résistances vaincues, s’il était refroidi à fond (cooled to the utmost) et amené à un état d’expansion indéfinie ou de contraction indéfinie, suivant que les forces qui agissent entre ses particules sont attractives ou répulsives, quand tous les mouvements thermiques sont arrêtés en lui. Mais, dans notre état actuel d’ignorance relativement au froid absolu, et à la nature des forces moléculaires, nous ne pouvons pas déterminer cette énergie mécanique totale pour une portion de matière., et nous ne pouvons pas non plus être sûrs qu’elle n’est pas infiniment grande pour une portion de matière. Donc il est convenable de choisir un certain état comme état de comparaison pour le corps dont il s’agit, et d’user, sans autre qualificatif, de ce terme d’énergie mécanique, en entendant par là que l’on se reporte à un état donné; de telle sorte que «l’énergie mécanique du corps dans un état donné» désignera l’équivalent mécanique des effets que le corps pourrait produire en passant de l’état où il se trouve à l’état initial, ou la valeur mécanique de l’effort total (the whole agency) qui serait requis pour amener le corps de l’état initial a l’état où il se trouve».

Ce n’est pas ici le lieu d’insister sur la préoccupation si intéressante qu’affiche Thomson, de ne pas exclure la possibilité d’une quantité d’énergie pratiquement indéfinie dans

  1. Math. and. Phys. papers, I, p. 222.