Pagina:Scientia - Vol. VII.djvu/33

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la diversité de fortune etc. 25


que ce que l’un des deux gagne en énergie mécanique, l’autre le perd. La somme de leurs énergies ou l’énergie du système isolé qu’ils forment reste constante. L’«énergie mécanique» de ce système, au sens de Thomson, se conserve; mais sa capacité d’accomplir du travail ne se conservera pas.

Dans un mémoire sur la restauration de l’énergie mécanique d’un corps inégalement chauffé, le même Thomson s’exprime ainsi: «quand la chaleur s’est diffusée par conduction d’une partie à une autre d’un système inégalement chauffé, le corps est mis dans un état tel qu’il est impossible d’en tirer autant d’effet mécanique d’espèce non thermique qu’on en aurait tiré du corps dans son état primitif. Par conséquent, si le corps est donné dans une enveloppe imperméable à la chaleur, avec ses différentes parties à différentes températures, une dissipation d’énergie mécanique en lui, se poursuivant jusqu’à ce que les températures soient les mêmes dans toutes ses parties, ne peut être évitée qu’en restaurant immédiatement une portion de son énergie en égalisant la température de toutes ses parties, par l’opération des machines thermodynamiques parfaites».

À la première phrase, Thomson ajoute une note bien caractéristique. Le mémoire était écrit en 1852. Dans la note ajoutée le 14 Février 1853, Thomson déclare qu’au lieu de «effet mécanique d’espèce non thermique», il aurait dit simplement «énergie potentielle», s’il avait eu connaissance, au moment où il rédigeait son mémoire, de cette «admirable» expression, employée depuis Rankine. On comprend très bien ce que la formule «effet mécanique d’espèce non thermique» peut avoir de choquant. C’est l’affirmation que ce que l’on a défini comme «l’énergie mécanique» d’un système ne peut produire qu’une dose limitée, sans cesse décroissante, d’effets d’«espèce non thermique», c’est-à-dire d’effets mécaniques proprement dits. C’est l’affirmation qu’il arrivera un moment où toute l’énergie mécanique d’un système isolé sera passée sous forme thermique, incapable de produire aucun effet d’une autre espèce. Cette «capacité d’accomplir un travail» que l’on cherchait à définir par la périphrase d’«effet mécanique d’espèce thermique», n’est donc certainement pas «l’énergie mécanique» de Thomson.

Est-ce du moins «l’énergie potentielle» de Rankine? La note ajoutée par Thomson à son mémoire donnerait à croire