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pouvoir d’apprendre à cette école comment il faut écrire pour ses contemporains, finissent par écrire... pour leurs ancêtres.

Quant à la technique du vers, je pense qu’elle a fait dans les derniers temps des progrès sensibles et que les poètes futurs pourront se servir d’un instrument perfectionné, Le mérite en revient en grande partie aux écoles mémes que leur adoration de la forme et leur recherche d’une musicalité suggestive a entrainées au delà du but, Des jeunes maîtres appartenant à ces écoles ou flottant entre elles, nous ont fait entendre de la poésie très finement ciselée, d’une rare fraîcheur, d’une fluidité délicieuse, d’une harmonie exquise. Ils ne sont pas des grands poètes, mais on pourrait les appeler des grands artistes. Leurs noms vivront par mainte œuvre charmante comme les noms de certains poètes délicats et voluptueux de l’Anthologie grecque dont ils rappellent la physionomie. Le maître qui viendra saura profiter de leur exemple, mais il donnera à sa pensée un contour plus ferme, son inspiration sera plus haute, plus mâle et plus vibrante. Il aura l’oreille assez fine pour saisir la voix des choses, mai elle saisira aussi la voix des âmes. Sa lyre aura des cordes pour l’imitation musicale de la Réalité; mais il aura, lui, l’émotion sincère qui donne naturelle-