Pagina:Cristoforo Colombo- storia della sua vita e dei suoi viaggi - Volume II (1857).djvu/12

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iv

peuples écrasés, afin d’atteindre à une vaste domination. L’ivresse qui poussait Alexandre à brûler sa capitale, à poignarder son ami, ne fut pas la passion plus funeste dont il subit l’esclavage: les enivrantes fumées d’orgueil qui avaient envahi son âme, le firent pleurer d’étre homme, lui qui avait révé d’étre Dieu; et il comprit d’être homme envisageant avec épouvante ce monde inconnu qu’il ne pouvait se flatter de conquérir à son tour, dont la tombe béante, où il se sentait descendre, lui ouvrait la porte. César, chez qui les faiblesses et les vices furent plus grands que les vertus, périt pour avoir voulu saisir un dernier hochet dont sa vanitè fut tentée. L’insatiabilitè qui entraîna Napoléon de Cadix à Moscou fui expiée, en partie, par les méditations que lui imposèrent l’exil et la solitude: abandonné, mais éclairé, il fut plus grand qu’Alexandre et César, parcequ’il envisagea l’adversité avec fermeté, et mourut sans faiblir: c’est là la pierre-de-touche des grandeurs humaines: Solon, qui rèpondait au roi Crésus — j’attends pour t’appeler heureux de voir comme tu mourras, — n’affirmait qu’à demi une grande vérité philosophique; il aurait dû ajouter — ta mort m’apprendra si tu étais vertueux. —

Non seulement chez nombre d’individus, mais, j’ajouterai, dans l’âme collective du genre humain existe un fond d’injustice persévérante, incorrigible: le fils apprend de son pére, l’écolier de son instituteur à connaître et admirer Alexandre, César, Napoléon: ils ignorent Colomb: et cependant Colomb vaut mieux que cette triade fameuse. Affrontant l’Océan ténébreux, et découvrant le Nouveau Monde, il n’obéit pas, lui, à l’ambition, mais à l’amour de la civilisation, qu’il voulait doter de la notion compléte du globe, à l’amour des hommes, des quels il aspirait a éloigner les ténèbres qui les perdaient; à l’amour de Dieu, qu’il se proposait de révéler à d’innombrables intelligences déchues. Colomb ne sortait pas de souche royale comme le Macédonien