Pagina:Cristoforo Colombo- storia della sua vita e dei suoi viaggi - Volume II (1857).djvu/14

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cru à l’éternité, il ne se serait pas roidi dix-sept ans contro les dilficultés avilissantes qui entravèrent ses poursuites préliminaires, il n’aurait pas lutté corps à corps, durant les quatorze années suivantes, avec la méchanceté triomphante, jusqu’au jour, que, saluant dans la dissolution imminente de son être la délivrance de son âme, il s’éteignit comme un martyr souriant et tranquille. Napoleon n’eut pas cette grandeur d’âme; aussi de ses lèvres mourantes laissa-t-il à la Grande Bretagne un legs d’infamie, que toutes les eaux qui la baignent ne laveront jamais: le volcan révolutionnaire l’avait jeté à la tête des armées; porté par la vietoire sur le trône, il foula tout sous ses pieds, même la thiare, et osa inscrire sur son diadème récent — Dieu me l’a donné, gare à qui y touche! — Dieu lui répondit lui touchant les pieds d’argile; et le colosse s’écroula.

L’histoire a été prodigue de flatteries mensongères à cette triade de conquérans. Quinte-Curee et Arrien se sont servis des deux langues les plus parfaites, et les plus répandues de l’ancien monde occidental pour raconter Alexandre: mieux que Suétone, que Dion-Cassius, que Diodore de Sicile, Jules-César s’est raconté lui-même: Napoléon, dans les dictées de Sainte Hélène, s’est sculpté en buste avec le ciseau de Phidias, sans compter que le plus populaire de nos historiens contemporains fait preuve en son honneur d’une verve intarissable. Avant vous, mon illustre ami, quel a été le Suétone, le Quinte-Curce, le Thiers de Colomb? Trois siècles ont pesé sur sa tombe, et en ont fait oublier jusqu’à l’emplacement, avant qu’une’voix retentissante se soit élevée pour invoquer en sa faveur les droits de la critique, et le témoignage des faits. La biographie, l’honneur du parfait catholique ont été laissés à la merci de protestans, de libres penseurs! Irving, Humboldt, à quelles sympathies auraient-ils pu se laisser prendre pour l’homme qu’ils taxaient de fanatisme? Quant aux historiens espagnols, à commencer de