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| documenti e schiarimenti | 333 |
considérables que nous avons à supporter, car les troupes d’occupation devraient naturellement être défrayées par nous.
D’après ces graves considérations, le Conseil a été d’avis que l’occupation proposée ne serait pas acceptable pour le moment. Le moyen qui, quant à présent, lui a paru le plus convenable pour la France elle-même comme pour nous, ce serait de faire rapprocher les troupes françaises de notre frontière, et préférablement du côté de Briançon, par le doublé motif que, de cette manière, non-seulement on éviterait la Savoie et le comté de Nice, mais ces forces ne se trouveraient plus qu’à une petite distance de la capitale du Piémont, qui est le point vulnérable du pays. Pour compléter ces dispositions, il conviendrait que l’Angleterre envoyât devant Gènes quelques vaisseaux qui, tant par leur présence que par la liberté qu’ils laisseraient à notre flotte, donneraient un puissant appui à notre cause contre les exigences peu équitables de l’Autriche.
Tel est le mode d’action de la parte des puissances amies, que le ministère croirait le plus efficace pour amener un arrangement définitif et raisonnable entre la Sardaigne et l’Autriche. Ces simples démonstrations, appuyées par des notes énergiques de la part de la France et de l’Angleterre, feraient voir à l’Autriche que ces puissances seraient prêtes à soutenir notre cause, qu’il leur convient de ne pas laisser périr, soit dans l’intérêt de la justice, soit dans celui de l’équilibre européen.
La France et l’Angleterre, en nous prêtant leur appui, ne soutiendraient point l’exaltation d’un parti, comme on aurait pu le craindre dans d’autres circonstances; mais elles défendraient les principes conservateurs de l’ordre, qu’il importe de faire triompher et d’après lesquels le gouvernement actuel du roi tient à régler sa marche.
Vous voudrez bien, monsieur le ministre, faire usage du contenu de cette dépêche auprès de monsieur Drouin de Lhuys, pour répondre aux propositions qu’il vous avait faites; et j’en donne connaissance, par la lettre ci-jointe, à monsieur le comte Gallina, afin qu’il agisse de son côté dans le mème sens, soit auprès de ce ministre, soit auprès de lord Palmerston.
Agréez monsieur le ministre, les assurances réitérées de ma considération trés-distinguée.
| G. de Launay. |