Pagina:Le opere di Galileo Galilei XVII.djvu/59

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60 13 APRILE 1637. [3462] trappe ce premier ordinaire pour vous rendre compie de ce que vous m'avez voulu com- mander, touchant la proposition faicte per le S/ Galilei à cest Estat. L'histoire en sera courte, par ce que, n'en ayant conferé encor qu'avecq M. Musch^^', j'ay trouvé que, pour ce qui est de l'acceptation de l'offre et le ressentiment qui se doibt à la grande bien- Yueillance d'un personnage si celebre, la cliose est icy en aussi bons termes qu'on la 10 puisse desirer et, à ce que le dict S/ Musch m'asseure, le S/ Reael s'est chargé de par l'Estat d'en faire notification très-ample a vostre amy. Mais ce sera (si desia les depe- scbes ne sont parties) en luy demandant un telescope de sa fagon, ceux de ces paiz ne nous pouvant representer ces quatre satellites, dont il s'agit, sans je ne sgay quelle sorte de scintillation, qui pourroit empescher les observations soudaines et momentanées de leurs congiuntioni, appUcationi et eclissi, telles que l'auteur nous les specifie; de sorte, Monsieur, que le rapport de ces Commissaires ne s'estant peu faire que provisionel et en partie, sans l'ayde de l'engin principal, je ne voy pas quel subject le S/ Galilei pourroit avoir de se tenir peu satisfaict du delay de noz resolutions. Il resterà d'ailleurs l'expe- dient si nécessaire contres les agitations de la mer et l'horologe, de pareille importance 20 à bien effectuer ces operations. Tout cela est de l'essence, en tant que la chose regarde la navigation. Si ne le voyons nous qu'en esperance (et qui sgait si ce grand personnage vivrà assez pour nous achever d'instruire ?), je vous donne à penser la dessus s'il n'im- porte pas que vous continuez à l'en presser et que, si tout ne paroist d'abord au degré de la perfection, nous ne debvons mettre peine et nous liaster d'en approcher, par son adresse, tant que pouvons. J'advouè que, si sibi constai caìcidus ephemeridum, comme je suis bien content de m'en reposer sur la bonne foy de l'auteur, c'est desia un grand point gaigné par terre, et d'ou s'ensuivra necessairement la reformation de tonte la geographie. Mais les interests particuliers nous pressants plus et uniquement à nous veoir designer en haute mer, oii nous sommes, tant au regard du long que du large, vous pouvez con- 30 siderer qu'il n'y a que l'invention marine qui nous chatouille principalement, et sans la quelle, aucunement reduitte à l'effect de la prattique, que noz peuples auront de la peine à se tenir obligez d'un benefìce general et beau plus qu'avantageux à leurs aifaires. Mais ce sera bien moy, Monsieur, qui travailleray a leur donner de plus saines impressions. Je vous prie d'en asseurer ce digne personnage, et que si tout ce monde a de la passion pour son excellent merite comme moy, il ne manquera pas d'en tirer tonte sorte de satisfaction. O'est ce peu, Monsieur, que j'ay eu à vous dire sur cette illustre matiere, dont je cheris l'occasion au doublé pour m'eschoire dans l'acquest de vostre amitié, reclierchée avecq raison par tous ceux qui estiment la vertu des sciences et la science des vertuz. Je prendroy plaisir a m'estendre sur ce subject, mais il faut que j'abbrege, en protestant 40 que j'ay esté six fois interrompu dans ces trois pages d'escriture. Ita nos dii nimirum tamqìmm pìlas ìiabent ! C'est la roue de mon mestier, qui ainsi m'agite de matiere en matiere. Aggreez, s'il vous plaist, ce discours tumultuaire, et me faictes la faveur de croire que j'auroy un soin tout particulier de vous faire veoir à combien je repute l'hon- neur d'estre cren, Monsieur, etc. <*^ Cornelio BIusch.