Pagina:Manzoni.djvu/292

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290 il manzoni e la critica.

en effet, en travaillant au petit ouvrage que vous avez jugé avec tant d’indulgence, les intentions que vous exprimez si bien. Événement isolé et sans relation avec les grands faits de l’histoire; acteurs obscurs, les puissants autant que les faibles; erreur sur laquelle il n’y a plus personne à détromper parmi ceux qui lisent; institutions contre lesquelles on n’a plus à se défendre: il m’avait semblé que sous tout cela il y avait pourtant encore un point qui touchait aux dangers toujours vivants de l’humanité, à ses intérêts les plus nobles, comme aux plus matériels, à sa lutte perpétuelle sur la terre. Mais comme on aime beaucoup à viser, on se fait facilement des buts; et la persuasion la plus vive, qui par cela même pourrait n’être qu’engouement, le témoignage même de quelques amis dont le jugement, de grande autorité en toute autre occasion, pourrait être égaré par la sympathie, ne peuvent rassurer que faiblement contre la crainte de s’être trompé. C’est du public que l’on attend une assurance, non pas entière, mais plus ferme; et cette épreuve m’a été complètement défavorable. Quand ma petite histoire a paru, le silence (permettez-moi de ramener à un sens plus réel une expression que vous avez employée d’une manière trop bienveillante) le silence s’est fait; et la curiosité qui s’était assez éveillée dans l’attente a cessé tout d’un coup, non comme satisfaite, mais comme déçue. Jugez après cela, Monsieur, quel plaisir a dû me faire une voix inattendue et éloquente, qui a bien voulu me dire que je ne m’étais pas tout à fait trompé.»

Dopo la pubblicazione della Storia della Colonna