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Pagina:Marino, Giambattista – Adone, Vol. I, 1975 – BEIC 1869702.djvu/45

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discorso di chapelain sull’adone 43

Diomede ou Mezentius, cruels, estoient introduits dans un Poëme, l’Habitude de la Cruauté seroit ditte bonne, pour ce quelle leur conviendroit; ainsi l’Artifice et la Magie en Armide sont bonnes Habitudes, non pas moralement parlant, mais en consideration poëtique. Autrement, ayant à faire un Poême, le Poëte seroit obligé de le former tout de personnes vertueuses, contre l’usage, et contre la raison. Les deux dernieres d’autre part, je dis la Ressemblance et l’Egalité, sont aussi mesme chose, ou peu s’en faut, comme ainsi soit que l’une vueïlle que la Personne introduitte soit faitte semblable à ce que l’on a sçeu de son Inclination, ou par Renommée, ou par tesmoignage d’Autheurs; et que l’autre desire, si elle n’a point este cogneüe d’une habitude plustost que d’une autre ou qu’elle soit toute feinte à plaisir, qu’on la face continuer dans toute la suitte du Poëme de la mesme Habitude qui luy aura esté d’abord attribuée; et c’eust esté aussitost fait de dire, que la Personne introduitte soit faitte telle dans tout le cours du Poëme qu’on l’aura ou prise d’autruy ou forgée de soy mesme en le commençant. Mais que ces conditions des Habitudes ayent esté exactement observées dans l’Adonis, il est tout apparent; et premierement, pour le Bon et le Convenable, si l’on s’opiniastre mesme à vouloir constituer du Bon une Espece differente du Bien-seant, entre les choses bonnes l’Amour est estimé tres-bon, et les plus severes ne le sçauroient rejetter que parmy les indifferentes; ce qui revient tout à un, pour le Poëte; outre que, la seule fin des choses determinant leur bonté ou leur mauvaistié, si celle des Amours d’Adonis par leur Catastrophe, comme des Tragedies, est de purger la salleté qui se trouve en cette passion, elle est bonne, et fait l’action entiere bonne en ce regard de sa fin; mais si l’on s’arreste au Convenable pour tous les deux, quelle chose a plus de convenance avec la Jeunesse et avec la Beauté que la Chasse, et les Passions Amoureuses? Secondement, pour le Semblable et l’Egal, de quelque sorte qu’on les tourne, qui a-t-il dans ce Poëme ou de receu par renommée ou d’inventé par le Poëte du tout, qui ne garde jusqu’au bout son Habitude premiere? Sans en venir à plus evidente demon-