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Pagina:Marino, Giambattista – Adone, Vol. I, 1975 – BEIC 1869702.djvu/44

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42 discorso di chapelain sull’adone

ou de Nonnus, qui suivent cet ordre facile. Mais en l’Adonis ny la Fable toute ne s’estend pas au de là d’une année, ny la masse des choses n’est pas si grande, ny ce qui precede l’Amour de Venus n’est point si des-uny de l’Action proposée, que pour eviter à tous ces maux il ayt esté besoing de recourir à cet ὕσθερον πρότερον; il eust donc esté mal à propos que le Poëte s’y fust assujetty pour laisser la voye naturelle, laquelle, tant qu’il n’y a point d’inconvenient, est tousjours la plus loüable. Pour la Conversion maintenant elle y est, bien que sans Merveille, pour les raisons que nous en avons dittes cy-dessus, de l’espece la plus pathetique, et la plus efficace pour purger les passions: la Tragique à sçavoir; mais las! de quelles circonstances accompagnée. Ausquelles choses toutes ayant esgard, je me suis cent fois estonné de ce que nostre Chevalier m’a dit et redit, qu’il n’estoit pas satisfait de cette Piece, et que si c’eust esté à recommencer il luy eust bien baillé une autre forme que cette-cy; mais après avoir pensé de luy que la grandeur de son Esprit luy pouvoit fournir des Idées ausquelles nul autre discours de raison ne sçauroit arriver, incognuës à chacun tant qu’il les eust luy mesme descouvertes, enfin n’en ayant rien tiré autre chose, j’ay creu, fondé sur ces raisons, que ce qu’il en disoit n’estoit que pour me tenter, et pour me mettre en peine, veu que mesme jusqu’icy je ne me suis rien pû figurer qui destruise ce que j’y ay consideré.

Après les Parties que nous avons dittes Propres de la Constitution, suivent les Impropres, dont la premiere a este nommée Habitude. Cette-cy se deffiniroit une Inclination naturelle confirmée par la pratique, soit au bien, soit au mal; laquelle on doit trouver és Personnes qui entrent dans le Poëme, doüée de quatre conditions selon les Anciens, mais, comme je tiens, de deux seulement, à sçavoir de la Bonté et de la Convenance, de la Ressemblance et de l’Egalité; car, pour les deux premieres, elles se reciproquent, attendu que ce qui convient est bon, et que ce qui est bon est aussi convenable; de maniere que les Accidens qui seront attribuez à une Nature mauvaise, quoy que mauvaise en soy, doivent estre dits bons, entant qu’ils luy conviennent; comme, si