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l’économie et la sociologie 297

nomie politique qu’en sociologie, que la première est très supérieure, au point de vue scientifique, à la seconde.

Ici se présente une circonstance qui a eu une influence décisive sur le développement de la science économique. La logique ordinaire est bientôt impuissante, lorsqu’il s’agit d’étudier les variations des faits se trouvant en un état de mutuelle dépendance; il n’y a qu’un genre particulier de logique, la logique mathématique, qui, jusqu’à présent du moins, permette d’aborder la solution de ces problèmes avec quelque chance de succès. Or le hasard a voulu que les fondateurs de l’économie politique fussent plus ou moins étrangers à l’étude des mathématiques et de leurs applications, telles que la mécanique rationnelle, la physique, etc.; et somme toute, sous la pression des faits, ils furent amenés à concentrer leurs efforts sur ce point: établir et résoudre, an moyen de la logique ordinaire, un système d’équations simultanées.1 Une somme de travail très considérable a été ainsi dépensé en pure perte.

Il faut ajouter une observation assez curieuse, et qui fait voir quelle force peut conserver l’habitude d’une certaine manière de considérer la science, même lorsque les circonstances qui ont donné origine à cette habitude viennent à faire défaut. Les premiers économistes mathématiciens ont fait usage des mathématiques dans un tout autre but que celui d’établir les équations simultanées qui régissent les faits eu mutuelle dépendance.2 Mais l’usage des mathématiques pour traiter les problèmes économiques ne pouvait manquer de se développer dans le sens où cet instrument était en mesure de donner les meilleurs résultats; et c’est effectivement ce qui a eu lieu.

Les efforts des économistes non mathématiciens pour établir et résoudre au moyen du langage ordinaire un système d’équations simultanées, se développèrent principalement en deux sens: le premier qui conduisit à des résultats utiles; le second, à des résultats nuisibles.

Dans le premier sens, on tâcha, par des retouches successives apportées à la théorie, de tenir compte de la mutuelle

  1. Nous avons fait pour la première fois cette remarque dans Giornale degli Economisti, septembre 1901.
  2. On peut voir ce système d’équations dans Manuale.