Pagina:Rivista italiana di numismatica 1897.djvu/397

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DE L’UTILITÉ SCIENTIFIQUE


DES COLLECTIONS


DE MONNAIES ANCIENNES nota


Notre grand moraliste La Bruyère, voulant railler la Curiosité, qui ’" n’est pas un goût pour ce qui est bon ou ce qui est beau, mais pour ce qui est rare, unique, pour ce qu’on a et ce que les autres n’ont point „, met en scène le curieux de médailles, Diognète: " Pensez-vous, dit-il, qu’il cherche à s’instruire par les médailles, et qu’il les regarde comme des preuves parlantes de certains faits et des monuments fixes et indubitables de l’ancienne histoire? rien moins. Vous croyez peut-être que toute la peine qu’il se donne pour recouvrer une téte vient du plaisir qu’il se fait de ne voir pas une suite d’empereurs interrompue? c’est encore moins: Diognète sait, d’une médaille, le frust, le feloux et la fleur de coin; il a une tablette dont toutes les places sont garnies, à l’exception d’une seule: ce vide lui blesse la vue, et c’est précisément, et à la lettre, pour le remplir qu’il emploie son bien et sa vie. „

Cette mordante satire emprunte encore un surcroît d’ironie à la place qu’elle occupe dans le chapitre de La Mode, où le curieux de monnaies anciennes a son rang marqué entre le fleuriste " qui a pris racine au milieu de ses tulipes „, l’amateur de prunes et le collectionneur de papillons et de serins.

La Bruyère, Messieurs, tout en fustigeant de la belle façon les frivoles antiquaires de son temps qui possédaient

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  1. Discorso pronunciato alla Seduta generale del Congresso della Società degli Scienziati, tenuta a Parigi il 24 aprile 1897 (N. d. R.)