Pagina:Scientia - Vol. VII.djvu/16

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«La thermodynamique, disait il, est une science moderne fondée sur deux lois, dont la première consiste dans la convertibilité de la chaleur en puissance mécanique, et de celle-ci en chaleur, tandis que la seconde détermine l’étendue ou la mesure de la conversion réelle dans des circonstances données. On peut dire que, dans le cours de ces dernières années, la première loi a été vulgarisée; maintes fois on en a fait le texte de publications diverses, de cours publics conçus en vue de captiver l’intérêt par la clarté des explications et le prestige d’une parole élégante, par des expériences intelligibles aux personnes peu familiarisées avec les abstractions des théories scientifiques.

«La seconde loi, non moins importante que la première, reconnue, elle aussi, presque dès la même époque, comme un principe fondamental et absolument essentiel de la nouvelle théorie, a été beaucoup moins considérée par les vulgarisateurs (que nous ne voulons pas confondre avec les auteurs d’ouvrages didactiques); et il en résulte que la plupart des personnes qui ne puisent pas à d’autres sources leur instruction scientifique restent dans l’ignorance de cette loi, dont elles ne soupçonnent même pas l’existence. Pour cette dernière raison, le mal est pire qu’une ignorance absolue: si une demi-science n’a pas de danger en elle-même, c’est à la condition qu’on sache bien que ce n’est pas la science complète.

«Je n’ai pas la prétention de combler ici une lacune regrettable; je me borne à la signaler aux hommes doués du précieux talent de la vulgarisation. J’indique les motifs qui peuvent les porter désormais à comprendre également, et au même titre, les deux lois générales de la thermodynamique dans ces expositions lucides qui s’adressent principalement aux gens du monde1…»

Du fait lui-même qu’invoque Rankine, on trouverait des preuves multiples, qui viennent corroborer son témoignage.

C’est depuis longtemps, que l’opinion était prête à accueillir plus favorablement toute idée de stabilité et de conservation, que l’idée de dissipation et de déperdition qu’implique le principe de Carnot. On sait que Laplace avait victorieusement réfuté les idées de Newton sur les perturbations apportées à la marche du système solaire par les attractions réci-

  1. Annales de Chimie et de Physique. 5e série, t. XII; 1867.