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qu’on ne cherche pas à se la représenter, qu’elle reste une pure manière de parler. Malheureusement la plupart des lecteurs des images d’Epinal se figurent que leurs histoires sont arrivées.

L’électricité et le magnétisme ont fourni de très curieuses notions mathématiques qui ne sont encore que des faits élaborés. Il serait intéressant d’exposer, mais malheureusement long et difficile à comprendre sans figures, comment Faraday parvint aux idées de lignes, de tubes et de champs de force, comment Maxwell et Chasles revêtirent ces idées des algorithmes mathématiques au moyen de la notion générale de flux. La force se trouve assimilée à la vitesse d’un fluide: le flux de force à travers une surface devient l’équivalent du débit du fluide à travers cette surface. Le fluide pouvant être incompressible ou compressible, on est conduit à distinguer les flux de force conservatifs et les flux non conservatifs.

Toutes ces notions sont passées dans l’enseignement qu’elles ont transformé, auquel elles ont donné une incomparable clarté. Ce qui n’empêche pas certains physiciens de s’effarer quand on leur parle de la divergence d’un vecteur, quantité dont le calcul est indispensable pour déterminer si le flux de ce vecteur est conservatif ou non, s’il peut être comparé à la vitesse d’écoulement d’un fluide incompressible ou d’un fluide compressible.

Au flux conservatif se rattachent la curieuse notion de curl et la distinction intéressante entre les vecteurs polaires et les vecteurs axiaux. Entrons ici dans le détail: nous vérifierons remarquablement les idées directrices de notre thèse.

On appelle quantité dirigée une quantité qui peut-être représentée par une flèche. Elle est définie par sa direction, sa grandeur et par son point d’application, c’est-à-dire par le point où il faut placer l’extrémité postérieure de la flèche, point où nous étudions actuellement le phénomène. On s’est vite aperçu que les quantités dirigées se classaient en deux groupes essentiellement distincts. Dans le premier rentrent les forces, les translations, et généralement les quantités qui possèdent la symétrie du cône circulaire. La flèche représentative est placée suivant l’axe du cône; sa longueur mesure par