Pagina:Scientia - Vol. VII.djvu/83

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le subconscient 75


plus la contradiction en laissant voir qu’elle sent sans le reconnaître et en répétant qu’elle ne sent rien. On peut trouver les attitudes de ces malades très absurdes, mais on doit cliniquement les constater, de même que l’on constate dans les diverses maladies mentales une foule de choses que nous ne comprenons pas, ou plutôt que nous ne penserions pas de la même maniere. C’est le caractère singulier de ces phénomènes présentés par les malades hystériques; c’est cette attitude des malades, compréhensible ou non, que j’ai essayé de résumer autrefois par les mots de «subconscient» de «rétrécissement du champ de la conscience», de «désagrégation de la personnalité».


III


Depuis l’époque où j’employais ce mot de «subconscient» dans ce sens purement clinique et un peu terre à terre, j’en conviens, d’autres auteurs ont employé le même mot dans un sens infiniment plus relevé. On a désigné par ce mot des activités merveilleuses qui existent, paraît-il, au dedans de nous-mêmes sans que nous soupçonnions leur existence; on s’en est servi pour expliquer des enthousiasmes subits et des divinations du génie. Cela rappelle la phrase amusante de Hartmann: «consolons nous d’avoir un esprit si pratique et si bas, si peu poétique et si peu religieux; il y a au fond de chacun de nous un merveilleux inconscient qui rêve et qui prie pendant que nous travaillons à gagner notre vie». Je me garde bien de discuter des théories aussi consolantes et qui sont peut-être très vraies; je me borne à rappeler que je me suis occupé de tout autre chose. Les pauvres malades que j’étudiais n’avaient aucun génie: les phénomènes, qui chez eux étaient devenus subconscients, étaient des phénomènes très simples, qui chez les autres hommes font partie de la conscience personnelle, sans que cela excite aucune admiration. Ils en avaient perdu la libre disposition et la connaissance personnelle, ils avaient sur ce point une maladie de la personnalité, et voilà tout.

A propos des mêmes faits, et en se servant du même mot, d’autres théories ont abordé le grand problème des rapports de l’âme et du corps, de la pensée et du cerveau. Les phénomènes cérébraux sont-ils toujours accompagnés de phénomènes psychologiques? Quand les phénomènes psychologiques diminuent, se réduisent à leur plus simple expression, ne