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être sur le parapet de la rivière et elle saute dans la Seine: heureusement elle saute seulement dans la rue, elle chancelle ou même tombe par terre et se relève en se disant qu’elle a encore eu un vertige.

Les individus mêmes qui ont perdu en apparence tout mouvement des bras ou des jambes présentent en même temps d’autres faits ou, si l’on veut, ont en même temps une autre attitude et nous forcent à penser que la représentation et la volonté du mouvement n’ont pas disparu en eux. Un homme qui avait les deux jambes paralysées se sauve sur les toits pendant qu’il est en somnambulisme et même pendant la veille exécute tous les mouvements que l’on veut, quand on sait les provoquer dans les conditions convenables. Combien de fois a-t-on démontré qu’un muet hystérique avait en réalité conservé la parole, qu’il parlait parfaitement en rêve, ou pendant l’état hypnotique, ou même tout éveillé s’il était distrait, et ne s’en rendait pas compte!

On observe des faits du même genre à propos des perceptions. Les hallucinations, les perceptions bizarres sont souvent en rapport avec des rêves compliqués. C est l’idée fixe qu’elle a été violée pendant son sommeil par un homme couché à sa droite, qui donne à la dysesthésie de X… son aspect particulier; ce sont tous les rêves sur la mort de sa mère, ce sont les reproches qu’elle se fait à ce propos qui font croire à Irène que l’eau du robinet est rouge couleur de sang; ce sont leurs rêveries compliquées sur la mort des enfants ou sur l’amour qui font apparaître à nos autres malades les cercueils, les draps noirs ou les moustaches de Joseph.

Les sujets qui semblent tout à fait anesthésiques peuvent nous décrire dans un somnambulisme postérieur ou par d’autres procédés tous les détails des objets qu’on leur a mis devant les yeux ou dans les mains. Ne sommes-nous pas obligés de supposer que les sensations ont été perçues quoique le sujet nous ait précédemment dit le contraire?

En un mot, on observe chez l’hystérique deux attitudes contradictoires: l’une par laquelle il nous donne à penser qu’il sent, l’autre par laquelle il nous affirme qu’il ne sent pas. En réalité, cette contradiction existait déjà dans le langage du psychasténique: car, après tout, il est absurde de nous dire: «je sens que je suis pincé au bras, et ce n’est pas moi qui sens le pincement». Mais l’hystérique accuse encore