Pagina:Scientia - Vol. VII.djvu/81

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le subconscient 73


malade sur les faits psychologiques dont on cherche à constater en lui l’existence, on peut parfaitement démontrer que ces phénomènes existent, quoiqu’il prétende les ignorer. En d’autres termes, à côté de l’attitude négative du sujet qui affirme qu’il ne se souvient pas, qu’il ne sait pas pourquoi il remue, ou même qu’il ne peut se mouvoir, qu’il ne peut rien sentir, on peut mettre en évidence une autre attitude du même sujet dans laquelle il montre qu’il peut se souvenir, qu’il peut remuer et qu’il sent très bien. La malade qui n’a pu, à son grand dommage, raconter sa fugue au magistrat, va dans un autre état psychologique nous raconter tout ce qu’elle a fait et nous expliquer l’idée fixe qui la poussait à s’enfuir. Une autre jeune fille de 20 ans qui, dans des périodes de somnambulisme, fait des fugues de plusieurs jours loin de la maison paternelle, semble aussi en avoir complètement perdu le souvenir, elle semble incapable de dire pourquoi elle est partie et où elle a été. Pendant qu’elle est distraite et pense à autre chose, je lui ai mis un crayon dans la main droite et elle m’a écrit la lettre suivante: «je suis partie de la maison, parce que maman m’accuse d’avoir un amant et que ce n’est pas vrai. Je ne veux plus vivre auprès d’elle. J’ai vendu mes bijoux pour payer le chemin de fer, j’ai pris tel train, etc.»; et dans cette lettre elle raconte toute sa fugue avec précision. Il en est de même pour des malades qui ont paru oublier des crises, des délires, des somnambulismes ou qui semblaient exécuter des suggestions sans le savoir.

Par les mêmes procédés nous constatons que les mouvements systématiques accomplis dans les chorées rythmées étaient accompagnées de pensées précises qui déterminaient leur systématisation intelligente. La malade chez qui nous avons constaté un mouvement de va-et-vient du bras droit affirme, dans l’état hypnotique, qu’elle fait continuellement le mouvement de soulever et de pousser un lourd fer à repasser. B., cette personne qui faisait un saut en avant et qui l’attribuait au vertige, nous explique une chose bien plus étrange: elle prétend qu’elle a, au moment de ce prétendu vertige, un rêve très compliqué. Elle a été peu de temps auparavant chez ses parents, qui lui ont vivement reproché sa mauvaise conduite; elle se répète ces reproches, elle a de la honte et des remords et elle prend la triste résolution de finir ses jours. Elle croit