Pagina:Cristoforo Colombo- storia della sua vita e dei suoi viaggi - Volume II (1857).djvu/482

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pour surprendre quelque grande loi de notre univers, son esprit méditatif s’épanchait dans une contemplation delicieuse. Lorsque, dans le silence de son isolement, entre les intervalles de la prière, se recueillant en lui même, Colomb s’abandonnait à la saveur du souvenir, il lui semblait ècouter encore, au fond des lointains èchos de l’âme, les sonores harmonies de la poésie equatoriale, ou les frémissemens des souffles alisés, et les sévères accens des mélodies pèlagiques. D’un simple retour vers la mémoire il voyait dans sa fidèle empreinte apparaître à la fois depuis les brumeuses mélancolies de l’Océan germanique et les glaces des mers polaires, jusqu’aux splendeurs des Antilles, aux magnificences de la Flore équatoriale. Les îles Fortunées, les Açores, l’Archipel du Cap-Vert, les grandioses aspects de la terre-ferme, la majesté de l’Orénoque, le Golphe des Perles, le ciel éclatant de la Trinité, les constellations australes, tout ce qu’avaient aperçu ses yeux, tout ce qu’avaient deviné ses intuitions, s’unissait à ce qu’il entrevoyait en espérance. L’immensité de ses investigatives se déroulait entière, simultanément, dans sa vision, comme un seul tableau, et sa conception du Créateur, se deployant sublime, s’élerait en proportion de cet inexprimable infini (pag. 160). Fin épouvantable des lâches persécuteurs de Colomb.

“Un vaste balancement rompit la plaine unie des eaux: les vagues, après quelques oscillations, se gonflèrent noircissant; leurs cimes blanchissantes s’élevèrent en bouillonnant. Bientôt le fond de la mer sembla se soulever; le souffle strident de la tempête grinça dans les mâtures, ballottant, comme un jouet, parmi les masses d’écume, cette superbe flotte. Les vergues frappaient l’eau; l’avant et l’arrière plongeaient tour à tour sous les lames. Les trésors accumulès sur les navires furent rudement secoués. La fureur des vagues fit entrechoquer les caravelles: quelques unes s’entrouvrirent, et sombrèrent à l’instant; d’autres luttèrent par d’impuissantes manœuvres. Un épais embrun s’ajoutait à l’affreuse obscurité du ciel: on ne se voyait point; on entendait à peine les commandements inutiles du porte-voix, et les cris désespérés de l’horreur. La Capitana, si merveilleusement encombrée d’or, malgré ses solides