Pagina:Cristoforo Colombo- storia della sua vita e dei suoi viaggi - Volume II (1857).djvu/484

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mesure qu’il avaneait en âge, il avançait aussi en perfection chrétienne. La douceur de son regard, tout. imbibé d’un fluide aimant et tendré, exprimait quelque ehose d’évangelique. Ses travaux de mer, ses tribulations si longues, sa dévorante activité d’esprit, les injustices souffertes n’avaient point durement imprimé leurs sillons sur ses traits. Ses cheveux d’un blanc lustré entouraient son front de cette couronne dont parle l’Écriture. Avec l’ampleur de son vêtement franciscain, sa dignité d’attitude, toute sa personne rappelait une de ces images de patriarche, ou de prophète, dont on se fait un idée d’aprés les Livres Saints: on eût dit un roi-pasteur transporté de l’Idumêe , ou de la Mésopotamie sur les plaines de l’Atlantique (pag. 199).

Un miracle de Colomb.

«Le mardì 15 decembre 1502, pendant que l’Amiral agonisait sur le lit de la douleur, une clameur dechirante partie de l’une des caravelles, fut presqu’aussitôt répétée par les autres: ce cri de desespoir retentit jusqu’à l’âme du moribond: il frissonna et rouvrit les yeux.

«Quelque chose d’horrible se passait à la portée du regard.

«Sur un point de l’espace agité par un mouvement giratoire. la mer se gonfiant de tous les flots qu’elle attirait à ce centre, se soulevait comme une seule montagne, tandis que de noirs nuages, descendant en cône renversé, s’allongeaient vers le tourbillon marin qui se dressait palpitant à son approche, comme cherchant à le joindre. Ces deux monstruosités de la mer et de l’atmosphère s’unirent tout à coup par un effroyable embrasement, et se confondirent en forme d’X tournoyant.» C’était, dit l’Historien de Saint Domingue, une de ces pompes, ou trombes marines, quo les gens de mer appellent fronks, que l’on connaissait alors si peu, et qui out depuis submerge tant de navires l’(le P. Charlevoix). Un âpre sifflement précédait l’haleine fatale qui poussait vers les caravelles cet épouvantail, alors sans nom dans nos langues. Ce genre de trombe est la plus affreuse manifestation de cette tempête infernale, à qui l’Orient donne le nom même de l’esprit du mal, Tiphon; malheur aux navires qui se rencontrerent sur son passage!