Pagina:Cristoforo Colombo- storia della sua vita e dei suoi viaggi - Volume II (1857).djvu/485

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«Au cri de détresse qui frappa son cœur le grand Homme s’était ranimé. Devant l’imminence de la destruction, il se reléve, reprend son ancienne vigueur, et sort de sa cabine afin de mesurer d’abord le péril. Lui aussi aperçut la chose formidable qui approchait. La mer était soutirée vers le ciel. A ce phénomène inconnu il ne vit point de remède: l’art était inutile, la navigation impuissante; d’ailleurs on ne pouvait plus gouverner.

«Aussitôt Colomb, l’adorateur du Verbe, soupçonna dans cet effroyable déploiement des forces brutales de la nature, quelque maneuvre satanique. Il ne pouvait conjurer les puissances de l’air d’après les rites de l’Église, craignant d’usurper sur le Sacerdoce; mais il se rappela qu’il était chef d’une expédition chrétienne; que son but était saint, et voulut, à. sa manière, sommer l’Esprit des ténèbres de lui livrer passage. ll fit soudain allumer dans les fanaux des cierges bénits; arbora l’étendard royal de l’expédition; ceignit son épée par dessus le cordon de S. François; prit en ses mains le livre des Évangiles; et debout en face de la trombe qui s’approchait, lui notifia la sublime affirmation qui ouvre le récit du disciple bien aimé de Jésus, saint Jean, le fils adoptif de la Vierge.

«S’efforçant de dominer de sa voix le bruit de la tempête, le Messager du Salut déclara au typhon qu’au commencement ètait le Verbe, que le Verbe était en Dieu, et que le Verbe était Dieu; que toutes choses ont été faites par Lui.... qu’il s’est fait chair, et qu’il a habité parmi nous.

«Alors; de par ce Verbe Divin notre Rédempteur, dont la parole calmait les vents, et apaisait les flots, Christophe Colomb comande impérieusement à la trombe d’épargner ceux qui, faits enfans de Dieu, s’en vont porter la Croix aux extrémités des nations, et naviguent au nom trois fois saint de la Trinité. Puis, tirant son épée, plein d’une ardente foi, il trace dans l’air, avec le tranchant de l’acier, le signe de la Croix, et décrit autour de lui un cercle acéré, comme s’il coupait rèellement la trombe. Et, en eifet, o prodige! la trombe qui marchait vers les caravelles, attirant avec un noir bouillonne ment les flots, parut poussée obliquement, passa entre les na-

Roselly, Crist. Colombo, T. II. 30