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discorso di chapelain sull’adone |
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suis, vous vous estes deu attendre que je ne forcerois point mon sentiment, pour luy rendre recompense de l’amitié qu’il luy plaist me porter, et que s’il s’y fust rencontré la moindre chose dont j’eusse mal jugé, vous la verriez icy notée en toute liberté: et cela, comme je vous dis, d’autant que je n’ayme pas plus mes amis que ma franchise, et que je ne sçay que c’est de leur grabeler de l’honneur aux despens de la Verité; la consideration de laquelle m’est si chere que ce qui me pourroit inquieter en cecy seroit seulement non pas de l’avoir mal loüé (cela ne me met point en peine), mais de ne vous pas avoir en presence, pour, si ce que j’ay dit d’aventure est suject à objection, entendre les oppositions de vous mesme, et y respondre sur le champ en me deffendant, ou bien, si les objections se trouvoient sans replique, afin d’abjurer soudain mon erreur en vos mains, et de profiter de ma honte, en aprenant ce que je n’aurois pas sçeu. Que si vous m’eussiez voulu obliger à Paranympher et porter dans les Cieux le Chevalier Marin comme il le merite, ou je vous eusse demandé plus de temps pour m’y preparer, ou je vous eusse plustost prié de l’y eslever vous mesme sur cette plume si admirée, qui, soit en prose, soit en vers, soit en l’une ou en l’autre langue, n’en recognoit point d’autre qui pointe plus haut qu’elle. Mais permettez-moy que je vous die ma pensée: comme je n’ay pas suject de m’imaginer que vous ayez eu volonté de tirer cela de moy, aussi ne puis-je croire mesme que vous ayez attendu à vous resoudre en cette matiere, que vous en eussiez eu mon advis; j’ay trop de cognoissance 25 de vos forces, et de mon peu de sçavoir, pour adjouster foy à une chose, comme celle là, qui sans vous edifier en rien, iroit entierement à la ruine de la retenuë que mes amis ont jusqu’icy seulement estimée en moy; et ne me puis persuader autrement, sinon que vous ayez voulu esprouver si vostre authorité seroit bien assez puissante, pour me faire entrer en vanité, et m’induire à penser de moy mesme que je fusse capable de porter jugement là-dessus; aymant mieux vous faire importuner d’un fascheuxentretien, que de ne pas sonder jusqu’au bout ma foiblesse; et cela estant je n’aurois à opposer sur cette surprise que mon affec-