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cette corrélation par «la cessation ou le décroissement des stimuli de l’entourage». «Les caractères particuliers du sommeil, le trouble des fonctions peuvent être expliqués d’une façon satisfaisante par la décroissance des stimuli occasionnée par le coucher du soleil. Beaucoup de fonctions de l’organisme vivant dépendent de la lumière solaire et lorsque celle-ci disparait, leur intensité diminue ou peut cesser complétement. L’assimilation des plantes, la recherche de la nourriture chez les animaux, la réception psychique des stimuli dépendent de la lumière solaire». Chez l’homme, il est vrai, le sommeil ne survient pas au coucher du soleil, mais c’est que l’homme a trouvé, dit Gorter, des moyens d’éclairage artificiel.

Si intéressante et nouvelle que soit cette hypothèse, qui présente certainement des avantages sur les plus anciennes, elle est bien incomplète, je veux dire qu’elle n’explique que bien peu de choses. L’angle sous lequel l’auteur voit le sommeil est singuliérement étroit. C’est un simple ralentissement de fonction produit par la diminution de la lumière. Mais le sommeil n’a-t-il donc pas une action restauratrice? Comment l’expliquer avec cette manière de voir? Et pourquoi l’enfant dort-il plus que le vieillard? etc. On pourrait multiplier les points d’interrogation. La théorie de Gorter est à peine une théorie biologique.

La théorie de Bonservizi est infiniment plus complète et plus profonde. Elle a paru en une petite brochure de 19 pages, que son auteur m’a adressée il y a quelques mois1. Ce travail remarquable semble avoir passé complétement inaperçu, même dans son pays d’origine (il n’est cité ni par Brunelli, pourtant si bien informé; ni par Salmon, ni par Gemelli). Je suis tout particulièrement heureux d’avoir l’occasion d’attirer sur lui l’attention, et de pouvoir le faire dans cette Revue italienne.

Bonservizi, après avoir critiqué très vivement la théorie de l’intoxication, porte son attention sur le sommeil saisonnier des larves, des plantes, et des animaux hibernants. Il n’a pas de peine à reconnaître dans cette léthargie un moyen de défense contre les rigueurs de la température; chez les larves, par exemple, la conscience non seulement ne servirait à rien, mais serait même dangereuse; car l’inertie est favorable à leur transformation. — C’est dans cette constatation

  1. Dott. F. Bonservizi - Sul Sonno. Mantova, 1903.