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la fonction du sommeil 159


relative au sommeil hibernal que Bonservizi aperçoit la solution de l’énigme du sommeil quotidien. «Si, dit-il, les faits nous montrent que le sommeil n’apparait chez beaucoup d’animaux et dans les plantes que pendant les périodes de leur existence dans lesquelles cette perte de la conscience est extrêmement utile à l’organisme, nous devons soupçonner quele sommeil journalier des animaux supérieurs est sujet à la meme loi...» — Le sommeil quotidien a délivré l’homme primitif de la souffrance qu’il eût subie pendant la nuit, en proie à tous les dangers. Ceci donne la clef de l’étroite corrélation entre le sommeil et la nuit que Bonservizi, comme Gorter, cherche avant tout à expliquer. Quant à savoir pourquoi le sommeil est si impérieux — puisqu’il n’est d’aucune utilité pour l’organisme même, d’après notre auteur — c’est ce qu’explique l’hérédité, qui a enraciné ce besoin dans la race humaine. Et Bonservizi termine par cette déclaration: «On ne dort pas parce qu’on est fatigué, mais on dort toutes les fois que cette perte de la conscience est utile à l’organisme».

Bonservizi est arrivé presque exactement à la conclusion à laquelle je suis parvenu de mon côté. Il est curieux de constater que j’ai suivi la voie exactement opposée à celle de mes distingués collègues italiens. Tandis que Brunelli et Bonservizi sont partis du sommeil hibernal, et, après en avoir donné la formule biologique, en ont déduit celle du sommeil quotidien, j’ai au contraire trouvé tout d’abord la signification du sommeil quotidien, et c’est par induction que j’ai passé à celle de la léthargie saisonnière. Si la diversité des voies suivies nous a conduits à un résultat analogue, cela déjà n’est-il pas un argument en faveur de la justesse de notre conception?

Prise dans le détail cependant, la théorie de Bonservizi ne me parait pas exempte de critique. Mon collègue de Mantoue va trop loin lorsqu’il refuse absolument à la fatigue, aux déchets du travail organique, de jouer le moindre rôle dans le besoin du sommeil. Il ne faut pas «jeter l’enfant avec le bain», et, parce qu’on a reconnu que ce n’est pas l’épuisement qui cause le sommeil, refuser à ce facteur d’en être une des condition prédisposantes. Car il est certain que, si l’animal ne dort pas, il meurt. — De même, l’action restauratrice du sommeil n’est pas clairement concevable pour le lecteur du Dr Bonservizi.