Pagina:Scientia - Vol. VII.djvu/174

Da Wikisource.
Jump to navigation Jump to search
166 “scientia„


du monde et un produit de l’évolution universelle, tandis que, d’un autre côté, il ne connaît le monde que comme contenu de sa conscience et par effet des distinctions et des associations de sa pensée». «Le monde, qu’on accepte comme donné, n’existe pourtant que comme contenu de la conscience», ..... «de manière qu’il ne pourrait être question ni d’une conscience qui n’eût pour base rien d’objectif, ni d’un être ou d’un devenir objectifs qui ne fussent en quelque sorte conçus et pensés». «Ainsi il va sans dire que l’état subjectif de concevoir et de penser ne saurait être à son tour un acte objectif».

Ce fait, qui échappe à l’homme «naïf», devient l’origine de la philosophie pour l’homme critique.

Ensuite l’auteur tâche de construire le type humain naïf et sa forme de connaissance et fait surtout ressortir le rôle dévolu à la reproduction, dans le sens le plus large, pour le développement des fonctions intellectuelles: «Le fait qu’un être vivant est sujet, non seulement aux influences extérieures, mais aussi aux effets posthumes de processus objectifs antérieurs révivifiés», devient la source de distinctions et d’associations et, indirectement, la racine psychologique de toutes les explications et interprétations non critiques des actes extérieurs, lesquelles sont désignées par M. Lipps comme formations de mythes. C’est à ce point que commence pour l’homme «la conduite critique», dont l’auteur suit le développement, jusqu’au problème formulé plus haut, chez les principaux représentants de la philosophie.

L’auteur cherche l’impulsion psychique de cette émancipation de l’esprit critique uniquement dans «la révivification plus large et plus intense du passé dans le présent», laquelle aboutirait à de multiples distinctions et associations et, chose étonnante, aussi — par quel processus mental? — à faire remarquer les contradictions éventuelles de ces déterminations. Le développement de la connaissance critique s’accomplit de trois façons: «par rapport aux actes naturels objectifs, par rapport aux phénomènes subjectifs de la conscience, et par rapport à la coexistence de l’être objectif et de la conscience».

La brève appréciation que, sous ce point de vue, l’auteur fait des différents grands philosophes, ne contient pas beaucoup d’idées nouvelles; ce qui mérite d’être lu, c’est la forme très succincte dont il développe la pensée de Descartes et de Hume. Contre Kant il soulève plusieurs objections, notamment contre son esthétique transcendantale et la recherche de la conception pure comme fondement de la connaissance mathématique. M. Lipps adopte comme principe, sans le motiver, mais en le supposant exact, le point de vue que «les objets concrets de même que les objets abstraits sont impossibles, à moins qu’on ne les distingue