Pagina:Scientia - Vol. VII.djvu/175

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analisi critiche 167


entre eux et qu’on ne les rapporte les uns aux autres». Ces distinctions et ces rapports constituent les fonctions élémentaires de la pensée, et il nous faudra «admettre que les prétendues intuitions, aussi bien que les prétendues conceptions sont basées sur ces fonctions fondamentales, et qu’on aurait tort de les regarder comme de simples produits intellectuels tirant leur origine directement de la pensée concrète ou abstraite ou de quelque faculté intuitive ou imaginative». «L’espace et le temps ne sont point des formes d’intuition absolues et impossibles à déduire; car ils sont basés sur les relations générales d’ordre et de grandeur»,..... fondées dans la réflexion. «Voilà pourquoi il n’est pas juste de fonder, avec Kant, les mathématiques sur l’espace et le temps, et d’opposer à la connaissance mathématique la connaissane philosophique. Car l’espace et le temps ne sont que des champs d’application des mathématiques, tandis que celles-ci ont elles-mêmes pour objet les relations générales de grandeur et d’ordre, issues des déterminations originaires de la pensée».

«La tâche de la philosophie est donc de partir de l’effectuation des déterminations de la pensée»; et l’auteur entreprend d’accomplir cette tâche dans la deuxième partie de son livre. «Or l’effet d’une détermination se montre en ce fait qu’une chose se distingue d’une autre chose, mais en même temps lui est associée et mise en rapport avec elle». Ceci, selon M. Lipps, n’est qu’un seul et identique acte psychique. «Nous ne pouvons distinguer que les choses que nous associons dans notre conscience, et nous ne pouvons associer avec conscience que les choses que nous distinguons». L’essence de cette détermination, comme de toute autre, consiste dans ce fait «qu’une chose est conçue dans l’autre». «Ainsi la conception d’une chose dans l’autre caractérise l’essence de la détermination». Cette «détermination» elle-même n’est plus réductible à aucun motif. Pourquoi et par effet de quoi la «détermination» est possible, c’est là une question «à laquelle on ne saurait répondre et qui, raisonnablement, ne pourrait être posée».

L’auteur passe maintenant à déduire de la détermination fondamentale indiquée trois formes de déterminations comme ses «caractéristiques», sans, préciser s’il entend par là les formes logiques de jugements, les mécanismes psychologiques de la formation du jugement, ou les formes fondamentales de la connaissance (les catégories): «Les trois caractéristiques, la progression du motif à la conséquence, la régression de la conséquence au motif et la coexistence du motif avec la conséquence appartiennent donc à toute détermination. Elles forment l’essence de la détermination, qui ne pourrait point être accomplie d’une autre manière».