Rivista di Scienza - Vol. II/Discours d’ouverture

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Maurice Caullery

Discours d’ouverture ../Histoire de la Philosophie moderne ../La previsione dei fatti sociali IncludiIntestazione 23 gennaio 2014 25% Scienze

Histoire de la Philosophie moderne La previsione dei fatti sociali
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J. B. Lamarck - Discours d’ouverture (an VIII, an X, an XI et 1806). Réimpression in «Bulletin Soientitique de la France et de la Belgique» t.XL; et à part, 157 pag., avec 3 portraits. - Préface de A. Giard et Introduction bibliographique de Marcel Landrieu. — Paris, 3 rue d’Ulm, 6 fr.

On peut dire que tous les biologistes aujourd’hui, sauf quelques rares exceptions, sont transformistes, et presque tous sont néo-lamarckiens ou néo-darwinistes. Cela suffit à indiquer l’importance actuelle de l’œuvre de Lamarck et de celle de Darwin. La seconde a connu la discussion mais aussi le succès dès l’origine. La première a surgi à nouveau, après le dédain des contemporains, et l’oubli d’une longue génération. La seconde a bénéficié par suite d’éditions multiples, de traductions en toutes langues; elle est dans toutes les bibliothèques et partout elle devrait avoir pour voisine de rayons la première.

Mais il s’en faut qu’il en soit ainsi. Même dans les parties les plus importantes, l’œuvre de Lamarck est rare en librairie. La Philosophie zoologique, elle même, malgré une réimpression, se trouve difficilement. Ne serait il pas à souhaiter que la grande synthèse effectuée par Lamarck, si remarquable pour son époque qu’elle devançait, fut mise, aisément, par une réédition large sinon complète, à la portée du public scientifique qui doit s’y intéresser dans tous les pays. N’est ce pas en ce moment d ailleurs uae souscription internationale qui va permettre d’élever un monument à Lamarck au Jardin des Plantes de Paris, où il einseigna.

Ce sont des pensées de cet ordre qui ont déterminé le professeur A. Giard à réimprimer dans le tome XL de son «Bulletin Scientifique» les quatres discours que Lamarck prononça a l’ouverture de son cours sur les Animaux sans vertèbres, au Muséum de Paris, l’an VIII (1800), l’an X (1802), l’an XI (1803) et en 1806. Les deux premiers sont placés en tête, l’un du système des Animaux sans vertèbres et l’autre des Recherches sur l’organisation des corps vivants. Les deux derniers ont été imprimés à part et sont devenus des plus rares. M. Marcel Landrieu qui depuis plusieures années [p. 384 modifica] s’est consacré à des recherches sur la vie et l’œuvre de Lamarck ne connaît du Discours de l’an XI que l’exemplaire possédé par la bibliothèque du Muséum à Paris; de celui du 1806 il en a vu un dans la bibliothèque de feu A. Milne-Edwards (et il parait s’être perdu) et un second qui appartient à M. Giard. Cela suffirait à légitimer une réimpression, faute de laquelle d’ici à quelque décade ces œuvres auraient pu être définitivement perdues.

Les quatre discours, prononcés dans des circostances analogues offrent bien des points communs; d’une manière générale ils nous montrent l’élaboration progressive des principes fondamentaux auxquels Lamarck a donné une forme définitive dans sa Philosophie zoologique publiée en 1809. La place que ce livre célèbre tient dans l’histoire de la Biologie donne à elle seule un grand intérêt historique à ces ébauches successives. La pensée de Lamarck est des plus curieuses à étudier de près et à situer dans les connaissances de son temps. On l’y voit poser dans toute sa largeur le problème de l’origine et des transformations des formes vivantes; à une époqué où la théorie cellulaire n’était même pas ébauchée, où le nom même de tissu cellulaire introduit par Bichat avait une autre signification; il est guidé par une sorte d’instinct à une autre conception qui n’est pas tellement différente de celles que l’avenir a consacrées. Tel autre passage à propos des hydres d’eau douce, contient en puissance nos idées modernes sur le phototropisme. S’adressant à ses auditeurs il les met en garde contre la sécheresse de la Zoologie descriptive, et ce qu’il dit à ce sujet pourrait être d’hier.

Au reste il n’y a pas lieu aujourd’hui de découvrir Lamarck, mais de signaler au public épris de synthèse scientifique que la Eivista a groupé, des pages qui en raison de leur rareté en librairie devraient être généralement ignorées.

M. le prof. Giard, un des représentants les plus illustres des doctrines néo-lamarckiennes a fait précéder ces discours d’une préface où il indique à grands traits l’influence que la pensée de Lamarck a exercée en dehors même de la Biologie, au XIX siècle sur la Littérature et la Sociologie. Reproduisons ici la phrase qui la termine: «puisse cette publication servir de première pierre au monument plus grandiose que les jeunes naturalistes français ont le dévoir d’élever bientôt à la gloire de l’auteur de la Philosophie zoologique».

Université de Paris.

Note